Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /Juil /2008 20:31

 

« France-examen » : le nom est pompeux ; il a été choisi pour suggérer une activité officielle et sans reproche. Mais cette enseigne ne cache en réalité qu’une pompe à fric  - parmi d’autres du même type mais moins puissantes - qui siphonne la maigre tirelire des candidat-e-s aux examens, angoissé-e-s et particulièrement vulnérables quand approche l’heure des résultats.

 

Il n’y aurait pas grand’chose à dire de plus sur ce genre d’officines qui se servent des « nouvelles technologies » pour piéger des esprits momentanément fragilisés afin de se faire du pognon, si la justice de notre pays, le ministère de l’Education Nationale, ainsi que celui de l’Agriculture, ne leur avaient pas concédé un label officiel, jetant ainsi la confusion dans les esprits.

Chaque fois que France-examen  fait sa pub –  elle en fait énormément en ce début juillet 2008 et par tous les canaux (sur la page d’accueil d’« Orange », par exemple) – elle affirme lourdement qu’elle travaille « en collaboration avec les ministères de l’Education Nationale et de l’Agriculture ». Toute sa com’ vise à faire croire qu’elle est une annexe des rectorats et des inspections académiques, qui lui auraient délégué une tâche dont elle s’acquitterait consciencieusement. Le fait est que toutes ces officines qui prolifèrent sur internet peuvent prétendre, sans beaucoup exagérer,  avoir décroché un statut d’autorité administrative avec la mention « officielle » : le ministère de l’Education Nationale a en effet signé une convention  par laquelle le service public s’engage à fournir en priorité à ces entreprises privées les résultats des examens, tout en s’interdisant de les publier avant que ces dernières soient aussi en capacité de le faire ! Une nouvelle dérive mercantile que les libéraux fanas du fameux « partenariat école-entreprises » mettent certainement en œuvre avec jubilation, mais sans en avoir l’air, puisqu’ils peuvent prétendre qu’ils appliquent sagement une décision de justice (celle du tribunal administratif de Marseille, prononcée le 27 juin 2006)…

 

Voilà donc nos  autorités administratives (les vraies : recteurs et inspecteurs d’académie) investies d’une mission de rabatteurs de clientèle ; celle que vise France-examen et ses semblables.

Diverses techniques ont été imaginées :

- Dans l’Académie de Strasbourg, la pression a été mise sur les correcteurs et jurys pour que les résultats du bac soient transmis le plus rapidement possible aux services du rectorat qui s’efforce alors de les refiler en urgence à ceux qui vont en faire du fric en les mettant en vente. Que cette pression sur les jurys provoque mécaniquement un travail de moindre qualité, voire des erreurs, ne semblent guère gêner nos décideurs (et est-ce que ça ne réjouit pas ceux d’entre eux qui manoeuvrent pour faire disparaître le bac qui reste à leurs yeux dans sa forme actuelle un obstacle à l’introduction d’une logique de concurrence/privatisation ?).

- L’an dernier, dans un centre d’examen des Deux-Sèvres, le chef de centre a voulu retarder l’affichage des résultats du bac sur ordre de sa hiérarchie; s’il est finalement devenu raisonnable, c’est grâce à la pression d’un chahut organisé par la FCPE et les élèves/candidat-e-s ! Mais, souvent, là où les résultats du bac pouvaient dans le passé être affichés au fur et à mesure des délibérations des jurys, ils sont dorénavant « retenus » jusqu’à un moment précis de la journée.

- Quand survient ce moment, annoncé publiquement, la ruée des candidat-e-s sature rapidement  le site internet du rectorat, comme ce fut le cas cette année à Strasbourg. Et même si la saturation est de courte durée, ça tombe vraiment bien pour France-examen qui se vante d’avoir acquis, elle, un matériel de « très hautes performances » capable d’absorber des pics de plusieurs dizaines de milliers de consultations simultanées. Et est-ce que ce n’est pas la preuve, ça, que le privé fait mieux que le public ?!...

 

Si on excepte quelques réactions syndicales, celles d’ATTAC et de la FCPE, le dispositif imposé par France-examen et autres pique-sous ne suscite que peu de protestations ; en Alsace, il faut bien tendre l’oreille pour les entendre. Quand vous interrogez des administratifs de l’Education Nationale, ou que vous évoquez le sujet avec des enseignants, ils vous répondent qu’ils n’en savent que peu de choses… Pour certains, ne pas trop chercher à savoir peut être aussi une façon de (se) cacher honte et embarras et (s’)éviter d’affronter des autorités et des intérêts menaçants.

 

Car si l’idée de service public était encore fortement ancrée dans les esprits, la riposte serait aisée : il suffirait que chaque établissement scolaire fournisse le résultat de l’examen – immédiatement via son propre réseau internet - à l’élève/candidat-e- qui l’a  fréquenté ; cette livraison pourrait même se faire dans l’établissement, et sans risque de saturation, pour celles et ceux qui ne sont pas « branchés », ou qui attendent conseils sur place. Les nouvelles technologies permettent cela ; et ce serait une des premières fois qu’elles seraient utilisées à l’Education Nationale de manière pertinente !

Au lieu de cela, gêne et silence l’emportent. Aucun chef d’établissement en Alsace n’a eu la rigueur, semble-t-il, de mettre en garde les candidat-e-s et de leur rappeler que les résultats des examens sont toujours disponibles gratuitement sur les sites officiels (les vrais) du rectorat et des inspections académiques. Les enseignants n’ont pas fait davantage d’information sur le sujet, sauf ici ou là, comme dans l’académie de Clermont Ferrand, où le syndicat Sud Education l’a suggéré.

 

Mais on imagine mal que ce type « d’éducation à la citoyenneté » soit mise en œuvre sans rappel à l’ordre des autorités ministérielles :

On risquerait en effet de faire comprendre aux élèves qu’en imposant leurs procédés mercantiles les libéraux provoquent de profondes régressions idéologiques ; qu’en l’occurrence ils rabaissent l’école et le savoir au rang de vulgaires marchandises.

On risquerait en effet de faire comprendre aux élèves que cet avantage accordé à des parasites privés s’inscrit dans une démarche beaucoup plus large de libéralisation/privatisation du secteur public, démantelé petit morceau par petit morceau, avant qu’on ne frappe un grand coup, quand les circonstances s’y prêteront et que les esprits seront suffisamment formatés et résignés. Exagération et démonstration forcée?  Pas si on constate que, faisant déjà travailler des enseignants pour son compte, France-examen a déjà des activités plus vastes que la simple diffusion de résultats d’examens ; et qu’elle est la filiale du groupe « Prosodie » aux ambitions plus larges encore...

On risquerait aussi de priver de belles entreprises innovantes d’une partie de leurs juteux profits engrangés au nom de « la concurrence libre et non faussée » : France-examen a empoché plus de deux millions d’euros l’an dernier… Et combien va-t-elle rafler cette année avec l’efficacité accrue des rabatteurs de l’Education Nationale ?

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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 00:01

Nous vous avons déjà parlé sur ce site du « Collectif Caisse de Grève (COCG) » qui s’est constitué à Mulhouse. S’il constate la faillite de la plupart des instances syndicales, il a le mérite de ne pas se contenter de vaines critiques et d’ardentes suppliques pour que les bureaucraties retrouvent la voie prolétarienne. Il propose une démarche qui permettrait à la base de reconquérir son autonomie et de reprendre l’offensive.

De réunion en réunion, le projet s’est précisé et va jusqu’à suggérer des modalités pratiques de fonctionnement qui autorisent un démarrage immédiat : pas seulement des mots, des actes ! L’état de la réflexion a été porté à la connaissance des participant-e-s à la manif du 17 juin à Mulhouse sous la forme d’un tract qui a servi de base à la rédaction du texte publié ci-dessous.

Vous pourrez constater que les membres de ce petit collectif lancent avec insistance un appel à la constitution d’autres collectifs qui se fixeraient des objectifs comparables. On les comprend : seuls, ils ne pourront évidemment pas survivre longtemps. Alors, n’hésitez pas, diffusez largement cette information, imitez-les et prenez contact avec eux (voir adresse électronique à la fin du texte) pour que s’enclenche une dynamique.

 

 

Donnons-nous les moyens d’engager

le combat social : LA CAISSE DE GREVE

 

Qui peut encore raisonnablement penser que quelques journées de grève ponctuelles et sans lendemain feront reculer un gouvernement qui multiplie ses attaques contre la «France d’en bas» ?

Dans l’autosatisfaction permanente, surtout lorsque les manifestations sont bien suivies lors de certaines journées de mobilisation, les centrales syndicales voudraient nous faire croire que cela reste insuffisant. Et aussi nous faire oublier que toute leur stratégie vise à protéger le système qui les nourrit.

Les faits parlent d’eux même : en 30 ans nous n’avons obtenu aucune victoire salariale, nous ne faisons que marcher à reculons ou résister dans un statu quo (dans le meilleur des cas).

La régression des retraites en 2003 est bien passée, et celle de 2007 aussi. Lisez les appels et tracts de la CFDT, de la CGT de la FSU (et d’autres) : les 40 années minimum de cotisation sont acceptées implicitement, ou parfois explicitement. Les responsables de ces organisations syndicales nous ont menés plus ou moins ouvertement en bateau en 2003 ou en 2007 quand ils faisaient mine de s’opposer à ce qu’ils acceptent aujourd’hui. On pourrait en dire autant de la plupart des directions politiques dites de « gauche ».

Il est évident que si nous souhaitons défendre réellement nos intérêts, nous ne pouvons plus nous contenter de suivre les directions politiques et syndicales. Il s’agit désormais de nous auto organiser pour reprendre enfin l'offensive.

Travailleurs du privé, du public, français, immigrés, chômeurs, jeunes, retraités, nos intérêts sont liés ! Nous sommes tous concernés ! Il faut  riposter dans l’unité et avec une détermination au moins aussi forte que celle qui a prévalu en 68 et que le mépris de ceux qui nous gouvernent. Ou alors il faudra accepter soumission et régression sur régression… 

Unissons-nous et passons tous ensemble à l’offensive sociale : français et immigrés, travailleurs du privé et du public, chômeurs, jeunes et retraités… 

Préparons la grève générale, préparons la riposte sociale en mettant en place des pratiques solidaires en créant des caisses de grève, en multipliant les rencontres interprofessionnelles, au sein des collectifs et des AG de base, en retrouvant l’imagination et la force des pratiques collectives autogestionnaires pour ne plus déléguer notre présent et notre avenir aux politiciens et aux directions syndicales. EMANCIPONS-NOUS !

Créer une caisse de grève dès maintenant est impératif car le mouvement sera dur et long, la solidarité doit être réelle. Caisses gérées par établissement, par secteur, etc. Dans certains pays légalement, Des salariés versent aux syndicats une somme  reversée au pro-rata lors des grèves... et ça marche !

Comment une caisse de grève pourrait-elle fonctionner ?

Nos réunions et discussions sur le sujet nous ont permis de définir trois possibilités :

1) Un «Collectif Local  de Caisse de Grève  (COCG)» collecte les dons qui restent au niveau local et est en relation avec les autres collectifs dans le but d'être en alerte s'il devient nécessaire de soutenir une grève locale ou un mouvement généralisé. Il reste en contact avec les donateurs et donatrices pour avaliser leur participation au soutien d'un mouvement.

2) Un COCG collecte les dons qui restent partiellement au niveau local et est en relation avec un Collectif National. Ce Collectif National est en contact avec l'ensemble des COCG existants Il thésaurise une part des dons afin de les redistribuer en fonction soit des nécessités locales soit d'un mouvement majeur.

3) Dans les deux cas, ce sont les collectifs de base qui auront la responsabilité de répartir les sommes entre les grévistes. C'est dans le mouvement que les modalités de cette répartition devront être définies.

 

Plusieurs questions doivent faire l'objet de nouvelles discussions ouvertes à tous ceux et toutes celles qui ont les mêmes objectifs que nous : l'auto organisation et la création de cet outil indispensable qu'est la caisse de grève.

Voici quelques unes de ces questions :

1.                  Les COCG seront ils une structure uniquement horizontale, chacun étant en relation avec les autres? Chaque COCG détient sa masse financière qu'il peut mettre à disposition d'autres collectifs pour le soutien d'un conflit. Cette construction rend difficile le soutien d'un mouvement majeur et global, car il se pourrait alors que les dons soient perpétuellement affectés au soutien des conflits locaux, ce qui empêcherait la constitution d'une masse financière pouvant être utilisée nationalement dans le cadre d'une grève générale. Ici, la fonction du Collectif national est uniquement de sommer les dons et d'en informer les COCG.

2.                  La structure sera t-elle plus verticale, chaque COCG versant une certaine part à un Collectif National désigné par les différentes COCG et dont le rôle sera de veiller à l'utilisation de la part des dons dévolue à un mouvement généralisé?

3.                  Les donateurs et donatrices pourront-ils/elles retirer leurs dons à tout moment en cas de désaccord?

Dans l'immédiat, notre priorité est d'amorcer une dynamique en agissant sur deux terrains :

1.                  Ne nous payons pas de mots, comme le font nos dirigeants ! Pour rendre notre démarche plus concrète et plausible, et montrer notre détermination, nous devons collecter immédiatement des engagements moraux de versements. Les versements réels ne seront effectués que lorsque la structure sera construite et stable.

2.                  Il est urgent également de lancer un appel à la constitution d'autres collectifs qui s'engageraient dans une démarche similaire et chercheraient à se coordonner.

Il nous parait primordial de réunir nos forces, d’œuvrer de manière coordonnée, lisible et démocratiquement décidée  en nous donnant le moyen d’entrer dans un mouvement de lutte en organisant une caisse de grève.

Dans ce but, nous vous invitons à nous retrouver :

LUNDI 23 juin à 20 h 30,

à la Corne d’Or, 64 rue Aristide Briand à Mulhouse,

afin de donner corps à cette volonté.

Contact : coordination-htrh@orange.fr

  Des syndiqué/e/s de diverses organisations et des non
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 11:32

 

Le 19 mai dernier la CGT du site de Peugeot-Sochaux tenait une conférence de presse. C’était plein de chiffres extraits de documents officiels, mais pas ennuyeux pour autant.

A partir des données fournies par les syndicalistes, des journalistes qui auraient encore la possibilité de faire leur boulot (en reste-t-il ?) auraient pu faire découvrir à leurs lecteurs les montants en salaires, retraites, jetons de présence et autres stock-options que s’offrent les dirigeants de PSA.

Mieux : un journaliste alsacien, soucieux de l’intérêt de ses lecteurs aurait pu souligner que quelques dizaines de millions ont été « gagnés » par le groupe PSA et ses dirigeants par le biais d’une baisse de la taxe professionnelle; il auraient pu alerter ainsi nos élus locaux qui ne se seraient rendu compte de rien et qui, distraits, pourraient oublier d’expliquer à leurs électeurs/contribuables pourquoi, et pour qui, ces derniers doivent payer davantage d’impôts.

 

Non, un journaliste de  « l’Alsace » est toujours objectif, voyez-vous. Et s’il rédige un article plein de chiffres, c’est pour « fêter », avec « Mulhouse », « ses Peugeot »  et « célébrer dix millions de voitures nées en Alsace » en invitant les lecteurs à se rendre place de la Réunion à Mulhouse pour visiter une « exposition gratuite » offerte par Peugeot qui, dans son immense bonté, ne vous refuse rien : 37 ans d’exploitation vous donne droit à une « exposition gratuite » !...

 

Mais pour le journaliste de l’Alsace, qui reste objectif, lui, il ne s’agit pas de 37 ans d’exploitation, mais « d’une aventure » qui a commencé le « 17 avril 1971 »…

 

Nous faisons le pari que les lectrices et lecteurs de Klapp n’ont pas le même sens de l’objectivité  que ce journaliste de l’Alsace chargé de la rubrique auto. Et qu’ils apprécieront le texte ci-dessous, rédigé par la CGT du site de Peugeot Sochaux, qui résume bien les chiffres et les données fournis lors de cette conférence de presse du 19 mai :

 

 

Où vont les richesses produites par votre travail à Peugeot SA ?

Au PDG, M. Streiff = 5 796€ par jour !!!

 

 

Vous ne le croyez pas ?

Et pourtant …

Ce chiffre et ceux, tout aussi hallucinants, que vous trouverez ci-dessous sont extraits :

-        du rapport de l’expert-comptable sur les comptes 2007 de PCA (Peugeot Citroën Automobiles), établissements de Sochaux, Mulhouse, Rennes, Poissy, Aulnay, etc…

-        et du document officiel de référence 2007 du groupe PSA (qui comprend PCA, Faurecia, GEFCO et leurs filiales dans le monde) soumis à l’Assemblée des actionnaires du 28 mai.

Ces chiffres sont donc officiels et vérifiables sur le site psa-peugeot-citroen.com rubrique actionnaire chapitre info réglementée AMF.

M. Folz se servait bien …

En 2007, M. Folz a été président du Directoire PSA du 1er janvier au 5 février. Pour ce mois d’activité, il a touché une rémunération du 94 011 € (p. 37 du doc de référence 2007). Il a donc touché 2 611 € par jour, samedis, dimanches et fériés compris. Il a ensuite touché une prime de départ en retraite de 920 901 € (p. 313). PSA lui garantit à vie une retraite égale à la moitié de la moyenne de ses 3 meilleures années soit une garantie d’environ 700 000€ par an. Vous n’avez pas fini de payer pour lui !

… M. Streiff se goinfre !

M. Streiff, PDG à partir du 6 février, a touché en 2007 une rémunération de 1 906 861 € (1,9 million d’euros) (p. 37). La bagatelle de 5 796 € par jour, samedis, dimanches et fériés compris !!!. Par rapport à Folz, l’augmentation est de 122 %. Presque aussi fort que Sarkozy ! Et c’est lui qui, en arrivant, a bloqué nos salaires, les embauches, les budgets. C’est lui qui supprime les emplois au nom des économies à faire sur la masse salariale !!! Au nom des économies, on nous chipote une paire de gants au Ferrage, on ne peut pas avoir de chaussures de sécurité convenables au Montage, et partout, les budgets sont réduits à la portion congrue. Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Je m’empiffre, serrez vous la ceinture !!

Stock-options en primes

En plus des 1,9 million d’euros, M. Streiff s’est attribué 140 000 stock-options (p. 38)

Les stock-options, c’est le droit accordé à quelques dirigeants de disposer d’actions de l’entreprise, à un prix fixé une fois pour toutes. Si la valeur de l’action descend : le dirigeant ne fait pas valoir son droit et cela ne lui coûte rien. Si la valeur de l’action monte : le dirigeant prend les actions auxquelles il a droit et les revend immédiatement au prix fort. Il empoche la différence. C’est donc une loterie où l’on ne paie le billet que lorsqu’il est gagnant !

Exemple : en 2007, M. Saint Geours (PDG de la marque Peugeot, aujourd’hui président de l’UIMM) a «levé» les 21 000 stock-options qui lui avaient été attribuées à 21 € en 1999. Le cours de l’action PSA étant à 45 €, il a encaissé, sur le dos de l’entreprise, une plus-value de 21 000 x (45-21) = 504 000 €

Jetons de présence

Les membres du Conseil de surveillance PSA ont une rémunération fixe et, en plus, une prime de présence de 5 à 10 000 € à chaque fois qu’ils participent à une réunion du Conseil. Thierry Peugeot a ainsi touché en 2007 = 457 000 €. Jean-Philippe, Robert, Bertrand et Roland Peugeot sont aussi bénéficiaires de ces jetons de présence. Une affaire de famille ! Le baron Seillière n’a eu que 27  000 € mais il faut dire qu’il ne peut pas assister aux réunions car il est en même temps patron de l’UNICE (Medef européen), patron de De Wendel, président de la Société lorraine de Produits sidérurgiques, membre des Conseils de surveillance de Veritas, Hermès, Editis, Gras-Savoye, Oranje Nassau … Son inscription au Conseil de surveillance PSA, c’est seulement pour l’argent de poche !

76 millions € à la poubelle

En 2007, M. Streiff a pris 75,8 millions d’euros dans les caisses de l’entreprise pour racheter en bourse 1 250 000 actions PSA et les détruire. Le rachat d’actions est une opération financière qui consiste, pour une entreprise, à racheter ses propres actions à la Bourse, puis à les annuler. La diminution du nombre d’actions a deux conséquences : cela fait monter le cours (la valeur) des actions restantes et cela augmente le dividende par action. Depuis 1999, c’est 2,7 milliards € que MM. Folz et Streiff ont ainsi détruits pour le seul profit des gros actionnaires !

Un silence assourdissant

Les trafics de la Direction PSA avec la caisse noire de l’UIMM (0,5 million contre la grève d’Aulnay), sont camouflés dans l’opacité de la comptabilité. Bien malin qui pourrait les retrouver, d’autant que la Direction refuse obstinément de répondre à toutes les questions CGT sur ce sujet.

D’autres chiffres choquants

Pillage de la Sécu. Peugeot-Citroën Automobiles (non compris Faurecia et GEFCO) a bénéficié en 2007 de 32,9 millions € d’exonérations de cotisations de Sécurité Sociale (dites exonérations «bas salaires»). Moins on est payé, plus la Direction bénéficie d’exonérations et plus la Sécu boit le bouillon !

Qui va payer le paquet fiscal ? La taxe professionnelle payée pour Sochaux, Mulhouse, Poissy, Rennes, Aulnay … est passée de 112 millions € en 2006 à 75 millions en 2007, soit une baisse de 33 %. L’expert-comptable indique que cette baisse d’impôt de 37 millions est le résultat de la «réforme» de la taxe professionnelle. A votre avis, comment les communes concernées vont-elles compenser ce manque à gagner ?

Des propositions scandaleuses

M. Streiff propose à l’assemblée des actionnaires PSA le 28 mai

- de verser 351 millions € de dividendes (+ 11% aux actionnaires)

- de l’autoriser à prendre en 2008 jusqu’à 1,1 milliard d’euros dans les caisses de l’entreprise pour effectuer le rachat de 17 000 000 actions PSA, pour des détruire

- d’attribuer 2 500 000 stock-options aux principaux dirigeants de l’entreprise en plus de leur rémunération « habituelle»

Ces propositions sont totalement scandaleuses. Il est temps de se faire entendre pour une meilleure répartition des richesses que nous produisons, et l’augmentation des salaires de 300 €.

 

CGT du site de Peugeot Sochaux

 mai 2008

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