Giro-Bockel

Publié le par KLAPP'68

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    Ainsi que nous avertissait justement le satiriste polonais Stanislaw Jerzy Lec : « Quand aucun vent ne souffle, même les girouettes ont du caractère. »

Quant à l’air politique mulhousien, croupit par l’état de décomposition avancé des socialistes en général, et de ceux du cru en particulier, il serait plutôt de nature à abonder dans le sens de l’humoriste.

Car dans l’atmosphère de connivence malsaine qui règne aujourd’hui au sein du conseil municipal, depuis la nomination de Jean-Marie Bockel au sein du gouvernement Sarkozy, le soutien complaisant et presque unanime de sa majorité, les concerts d’éloges et d’encouragements, plus ou moins tordus, reçus de tous bords (y compris de l’extrême droite municipale), semblent accréditer le sentiment qu’en politique, si le cynisme et l’opportunisme y ont depuis toujours leur ordinaire, ce sont les habits neufs de la lâcheté, travestie de pseudo-modernité, qui forment le style de l’époque.  

Le fait est que les acteurs politiques détestent qu’on les démasque en leur rappelant les propos qu’ils ne peuvent plus assumer aujourd’hui.

C’est pourtant l’hommage que klapp68, en bon médisant qu’il est, s’apprête à rendre aux oublieux des engagements fervents, et aux amnésiques de tous poils. Il leur remémorera autant que nécessaire et aussi exhaustivement que possible, ce que furent leurs déclarations d’enthousiasme au lendemain d’une victoire, et leurs prédispositions si naturelles (pour beaucoup) au cynisme et au retournement de veste, après une défaite. En bref, il s’agit de disséquer « l’art d’avoir toujours raison », version politicarde.

A tout (mauvais) seigneur, tout (piètre) honneur, commençons donc notre série par le sieur Bockel soi-même (alias « le Nigaud de Nico »).

Nous étions en novembre 2004, il s’agissait de la période des élections régionales (triomphales pour le PS rappelons-le):

Michèle Striffler, (Première Secrétaire de la Section de Mulhouse) déclarait sans ambages dans l’éditorial de la feuille de chou de la section mulhousienne, pompeusement nommée « Mulhouse socialiste » n°6, et intitulé « enthousiasme », toute la sommité de son enthousiasme : «Notre enthousiasme nous a permis de batttre la liste UMP-UDF sur Mulhouse lors des Régionales. La droite voulait faire des Régionales un test pour les Municipales… pari raté !. Nos idées font leur chemin : alors que le Haut-Rhin n’a jamais eu de Sénateur de gauche, aujourd’hui Jean-Marie Bockel et Patricia Schillinger, tous deux socialistes, sont les grands vainqueurs de ces élections. Nous pouvons compter sur eux pour nous représenter »

Dans le même numéro, Jean-Marie Bockel soi-même (alias « le Nigaud de Nico »), alors en pleine épectase, souligne avec une puissance de prémonition, que tous lui envient :«  après les succès rencontrés cette année aux élections régionales, européennes et sénatoriales, il appartient désormais au PS de préparer l’alternance en 2007. En effet, les Français en ont assez de cette majorité UMP, complètement décalée avec les réalités quotidiennes des Français. Ainsi, l’absence de politique volontariste pour l’emploi provoque des résultats catastrophiques pour des milliers de familles. Nous pouvons directement constater cette dégradation à Mulhouse : après Manurhin, Wärtsila, c’est Rhodia qui rencontre des difficultés. (…) il ne s’agira pas, comme la Droite, de compiler les promesses faites à telle ou telle catégorie de Français, mais de proposer un projet porteur d’une vision d’avenir. Pour cela le PS a besoin de vous (…) Ensemble, construisons l’alternance ! » 

Patatras !. Aux présidentielles de 2007, les socialos ne réussiront donc pas à surenchérir dans l’ordre de la démagogie sarkozienne. Un entrefilet du Canard enchaîné paru peu après l’élection de Sarkozy, laisse entendre que des contacts entre Nigaud et Nico sont en bonne voie. Le premier d’entre eux, soucieux de donner corps à son sobriquet, se sentira même obligé de démentir un peu plus tard.

Jusque ce jour de juin 2007, où il devait déclarer à l’AFP : "il faudra un jour rénover le PS, c'est nécessaire pour la démocratie française, pour les alternances futures, mais là on n'en prend pas vraiment le chemin".

"D'une certaine manière, je me dis que j'ai vraiment fait le bon choix [adopter définitivement son surnom et entrer au gouvernement ndlr] parce que qu'est ce que j'aurais fait dans cette galère ?"

"Je garde des convictions de gauche" [la particularité du déplacement de la girouette Bockelienne (dite « giro-bockel ») est de s’effectuer dans le sens contraire des aiguilles d ‘une montre ndlr] "Dans le contrat avec Nicolas Sarkozy, il était clair que chacun devait rester soi-même [c’est Nico d’abord et Nigaud peut-être ndlr] (...) Moi, je suis fier d'être partie prenante dans cette équipe (…)

Et en juillet 2007 dans « Le Monde » : "C'aurait été plus facile de refuser.[Ses profondes convictions blairo-masochistes l’obligent en effet à se flageller davantage ndlr] Mais j'avais besoin d'agir, dans une démarche de réforme qui me correspond en grande partie."

Ah, ce Jean-Marie, un fol Nigaud certes, mais le vainqueur incontestable de la « Girouette Academy » !

Publié dans Politique

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