La Commission Locale de Surveillance (CLS) de Fessenheim a l’âge de la centrale. Cette instance a été concédée en 1977 par les autorités pour tenter de calmer les
antinucléaires qui menaient durement bataille depuis des années. C’est le Conseil Général du Haut-Rhin qui l’a prise en charge, manière de contrôler et récupérer la contestation. Mais, en
conséquence, c’est le contribuable qui la finance en grande partie. Et pas qu’un peu : outre son budget de 15000 à 20000 euros, il faut compter les salaires de celles et ceux qui permettent
son fonctionnement, avec notamment un secrétariat à temps complet. Il aurait été logique et moral qu’un règlement contraigne EDF et l’industrie nucléaire à payer. Mais pour ceux-là, les
dividendes des actionnaires et les frais de lobbying passent avant tout.
Le rôle et le fonctionnement de la CLS ont toujours fait l’objet d’interrogations et de contestations. Histoire sans doute de bien montrer que le pouvoir ne peut pas se
partager, surtout pas avec les quelques écolos irresponsables qui siègent à cette commission, les autorités ont décidé en 1999 le redémarrage du réacteur à la fin du deuxième contrôle décennal
sans attendre les conclusions des expertises commanditées par la CLS. Qui apparaît donc dans ce genre de circonstances, au mieux comme un alibi pour faire croire à la concertation et à la
transparence, au pire comme un organe de la propagande du lobby nucléaire. Il y a eu des moments de vives tensions, comme en 1983, où on a vu les conseillers généraux se fâcher au point de
boycotter la CLS !
Vingt ans après les choses ont bien changé : en 2003, la CLS a été ridiculisée, et à notre connaissance, aucun élu haut-rhinois n’a eu de réaction à la hauteur de
l’évènement. C’est en effet en 2003 que le « Réseau Sortir du Nucléaire » a divulgué les documents dont une partie de la presse nationale a reparlé récemment à l’occasion de l’accident
nucléaire qui s’est produit au Japon, suite à un violent tremblement de terre (1) (2) (3).
Rappelons que la CLS se définit elle-même comme ayant pour but de
« faciliter, à la population du Haut-Rhin en particulier, l’accès à l’information sur le
fonctionnement de la centrale nucléaire de Fessenheim. ». Comme nous l'avions déjà énoncé dans notre précédent article
<<Tremblez pour Fessenheim>>, rappelons encore que le « Réseau Sortir du Nucléaire » a publié (en 2003, donc) un
document où on voit EDF bidouiller les données sismiques, chercher à manipuler certaines instances de contrôle pour que la vérité n’apparaisse pas, et s’offrir l’outrecuidance de placer la
mention
« ne transmettre à l'extérieur d'EDF sous aucun prétexte » sur certains documents. Et c’est avec le même culot que des représentants d’EDF ont continué à siéger à la
CLS pour prétendument l’informer (4) (5) (6).
Il n’est plus question de boycott de la commission, comme en 1983. Que la CLS soit ridiculisée par les représentants d’EDF ne gêne plus les responsables politiques du
département. Au contraire, la situation semble les ravir. C’est du moins ce que l’on peut supposer à la lecture du numéro de novembre-décembre 2006, de
« Réussir le Haut-Rhin »
le luxueux organe de propagande de Conseil Général où l’on peut lire :
« La CLS, créée par le Conseil Général surveille avec vigilance son [celle de la centrale de Fessenheim]
exploitation par EDF. Un contrôle qui s’est accru au fil des années. La CLS multiplie aujourd’hui les expertises pour assurer une meilleure information et transparence sur le fonctionnement de la
centrale (…) Sa composition même garantit de sa neutralité et de son indépendance. En effet, la CLS regroupe des élus du Conseil Général, des élus des communes riveraines et des représentants des
différentes associations de protection de l’environnement. A ceux-là s’ajoutent « les invités permanents », garants d’une certaine technicité et autorité, que sont le Préfet, le
Directeur Régional de la recherche et de l’environnement (DRIRE), le président de la centrale nucléaire et les représentants d’EDF, exploitant du site » (7)
Rappelons que tout cela est écrit en 2006, soit trois ans après les révélations du « Réseau Sortir du Nucléaire »… En comparaison, les déclarations de Pellerin (8)
après l’accident de Tchernobyl apparaissent presque comme des propos sages et équilibrés. Et Pellerin, lui, n’a pas pu défendre sa position durant trois ans sans être contesté !
Mais plutôt que d’écouter la coûteuse et lénifiante CLS, écoutons un géologue qui a tenu une conférence gratuite à Colmar sur le thème du
« nucléaire et les risques
sismiques dans l’Est de la France ». Evoquant Fessenheim et un séisme de forte intensité, il a décrit le scénario catastrophe :
« Si le cœur tient, ce dont nous ne sommes
même pas sûrs, le réseau de refroidissement, le matériel électronique, les conduites électriques, les systèmes d’alerte seraient endommagés. On ne pourrait plus tenir le cœur »…
… Et on n’aura même plus besoin de demander la démission de la CLS qui ne trouvera plus, dès lors, ni beaucoup de membres pour la faire fonctionner, ni même de raison
d’exister. Restera-t-il seulement beaucoup de lecteurs de
« Réussir le Haut-Rhin » ?... En tout cas, avisé comme il sait l’être, Buttner (9) aura trouvé un autre titre.
Si les installations nucléaires présentent certains dangers, il faudrait quand même prendre en compte qu'en cas de séisme, aucune installation de production énergétique de masse ne présente de risque nul dans cette circonstance, loin de là.
En premier lieu, et sans même parler de séismes probables ou improbables, la première source d'énergie "durable" que sont les grands barrages hydrauliques, dont les grandes catastrophes passées sont recenssées sur le lien qui suit: http://minilien.com/?9FQdSykWF6
Je cite:
"Entre 1959 et 1987, 30 accidents de rupture de barrages ont été recensés dans le monde, faisant 18 000 victimes."
Concernant la France, je rappelle tout de même que la rupture des barrages du Malpasset en 1959 a causé la mort de 423 personnes.
Alors, certes, les centrales nucléaires posent de grands questionnement.
Mais quelle alternative peut-on y trouver à la production des importantes quantités d'énergies que procurent les centrales nucléaires?
Les énergies renouvelables, toussa, OK.
Mais elles-mêmes présentent un certain nombre d'inconvénients que l'on découvrera au fur-et-à-mesure que l'on en développera l'utilisation.
A un moment donné, comme nous l'exposait si bien dernièrement Jancovici lors d'une conférence tout près de chez nous à Saint-Amarin http://www.tet.asso.fr/article.php?id_article=17 , il faudra bien revoir nos besoins en consommations.
Ce qui pose pleinement le débat sur la décroissance, promu par certains, honni par d'autres.
Il est des fois des propos contradictoires qu'il faudra aussi que certains qui se présentent comme écologistes devront un jour assumer...
«Si le cœur tient, ce dont nous ne sommes même pas sûrs, le réseau de refroidissement, le matériel électronique, les conduites électriques, les systèmes d’alerte seraient endommagés. On ne pourrait plus tenir le cœur>>
Dites-moi: Pensez-vous sincèrement qu'un réacteur nucléaire puisse rester maîtrisable avec un système de régulation complètement endommagé?
Cordialement,
Gromit, pour le Klapp
Que le niveau Ismhv huit et sept de résistance correspond aux exigences de sécurité.
Qu'un séisme de cette amplitude causerait plus de dommages par effrondrement des habitations que par une improbable fuite radioactive comme veut essayer de nous le faire croire malhabilement son rédacteur.
Qu'un séisme est par définition imprévisible quant à sa puissance et à son épicentre.
Je rapelle que la situation géographique des centrales Japonnaises sont des exemples de cohabitation de population avec une probabilté de risque somme toutes très faible.
Que les gens de << sortir du nucléaire>> ont été depuis toujours inobjectifs et d'une partialité disparate.
Que l'on peut leur recommandé de se faire une raison!
Qu'ils ne propose aucunement de solution à leur problème imaginaire.
Qu'ils utilisent la phobie comme seul argument à charge, en effet aucun incident n'est répertorié à travers le monde.
Nous pourrions répondre point par point à chacune de ces affirmations, mais nous (en tant que rédacteurs du Klapp) n'en avons ni le temps, ni l'énergie, ni l'envie.
Simplement, je préciserai que nous nous sommes "fendus" pour chacun de nos articles de sourcer chacun des propos, ce qui n'est pas le cas te concernant, et qui est bien dommage au demeurant...
Nous laissons à nos lecteurs le soin de répondre à Jean-François pour ceux qui le veulent.
Cordialement,
Gromit, pour le Klapp
j'ai du mal à comprendre le but de sortir du nucléaire... la question est simple : voulez vous continuer à vivre avec la qualité de vie que l'on connait ? Si oui, il est clair qu'il n'y a pas 36 solutions pour produire de l'électricité à part le nucléaire.
Les énergies dites renouvelables sont dans l'incapacité de répondre à nos besoins actuels ! Sachons aussi que la France exporte son electricité à nos petits voisins qui ne veulent pas s'embarasser du nucléaire mais qui sont obligés d'y recourrir pou leurs activités économiques et la qualité de vie de leur concityens.
Les énergies fossiles viennent de pays où la protection de l'environnement n'est pas un mot connu, la destruction d'espèces n'effraye personne.
Je préfère 1 000 fois une centrale en France où la réglementation existe et où la protection de l'environnement veut dire quelque chose. Après il existe toujours des impondérables....une société sans risque est un leur ou l'age de pierre...
http://futura24.site.voila.fr/nucle/react_france.htm
Bon à savoir, leur taux réel de production est de 72% en moyenne sur plusieurs années contre 82% en moyenne dans le monde.
La surcapacité nucléaire en France y est pour quelquechose.
De façon plus générale, un très bon dossier sur le nucléaire à voir sur ce site, avec des informations précises.