Notre société fabrique des imbéciles

Publié le par KLAPP'68

  Un lecteur de notre précédent texte « Journaliste d’un jour, pigeon pour toujours ? » a réagi immédiatement après sa mise en ligne. Ce lecteur a une carte de presse ; il nous décrit donc un système qu’il connaît de l’intérieur.
  Nous reproduisons ci-dessous son analyse qui confirme et complète sur plusieurs points celle que nous avons faite.

L'équipe du Klapp



Bonjour,
 
  C'est sûr, un journal "bidon", comme celui de l'Alsace, sponsorisé par le Crédit Mutuel et d'autres, ça laisse rêveur. Mais c'est aussi dans l'air du temps. Aujourd'hui, le paraître a supplanté l'être. Les jeunes qui se baladent ensuite avec un tee-shirt imprimé avec le logo "journaliste d'un jour ...", ça les fait briller. C'est une autre manière d'anesthésier toute velléité revendicative.
  Aujourd'hui - j'en suis la première victime - il y a des types qui se baladent avec une "carte de presse" aussi bidon que le journal réalisé par le Crédit Mutuel et l'Alsace. Mais ils sont contents. Ils font des photos (presque gratuitement) pour la Presse Quotidienne Régionale et sont considérés comme des "grands reporters" par les copains.
  En attendant, les autres, c'est à dire nous, qui essayons de vivre de ce boulot de plus en plus aléatoire, nous payons nos caisses, nos charges, notre matériel et ne sommes jamais sollicités par cette presse. Disons que pour photographier le plus gros cornichon de la plaine d'Alsace, présenté par un autre cornichon qui est content de voir sa bobine dans "Le Journal", nous n'avons pas besoin de fréquenter l'I.D.H.E.C. - d'accord, mais c'est un tout.
  Les "journalistes d'un jour" seront les futurs "correspondants" - taillables et corvéables - de demain.
  Ce qui manque, c'est la pédagogie, dispensée par les professionnels de la profession. Mais ceux-là veulent sauver leur tête et garder leur place, bien au chaud. Il y a quelques années, Guy Béart avait fait une superbe chanson : "Celui qui a dit la vérité, doit être exécuté" ... elle revient d'actualité aujourd'hui, mais nous ne l'entendons plus sur aucune radio. Aujourd'hui c'est foot-ball, rugby, tennis, hip-hop, superficiel à tous les étages. Notre société actuelle fabrique des imbéciles qui ne réfléchissent plus. Et en attendant, le but est atteint. On réussit à dresser les uns contre les autres. Les noirs contre les blancs, les blancs contre les jaunes, les chômeurs contre les "privilégiés" du service public, le privé contre le public, mais on ne touche pas aux vrais problèmes. Les "golden-parachutes", les coups boursiers, les délocalisations ..." Il y a toujours eu des riches et des pauvres", avec cette phrase, la messe est dite. Circulez, il n'y a plus rien à voir ! L'important c'est la coupe du monde de n'importe quoi. Mais la coupe du monde de la solidarité, elle n'est pas encore à l'ordre du jour.
  C'est dans cet esprit que les journaux "bidon" réalisés depuis une décennie par notre excellent confrère, formattent nos chères têtes blondes. Puisque ça marche, il n'y a aucune raison que ça ne perdure pas. Que font les parents ? Que font les associations, toujours prompts à faire du bruit à n'importe quel propos ? Là, silence, black-out complet sur le réseau. Et vous voulez que ça aille mieux ? Mais ça ne peut pas aller mieux ! Il y a bien trop d'argent qui circule au dessus et en dessous de la table ...
  Encore un effort, nous sommes au bord du gouffre, il ne nous reste plus qu'à sauter et espérer de ne pas se faire trop de mal en tombant.

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Jipes 19/10/2007 11:21

On ne peuit qu'etre d'accord avec son analyse, d'ailleurs les journalistes Pro n'échappent pas à cette règle avec des éditeurs de plus en plus restreints dans leur liberté éditoriale par des actionnaires de la finance et le dictat des agences de pub.

Difficille de faire un journalisme juste et se démarquant de la masse car il n'y a pas grand monde pour vouloir lire et acheter un quotidien qui sort du moule malheureusement !