Aussaresses en question...

Publié le par KLAPP'68

aussaresses.JPG Le mercredi 12 septembre 2007, le journal «l’Alsace» consacrait un tiers de page locale à un événement d’une portée considérable: les parachutistes de la vallée de la Liepvrette organisaient en effet leur «traditionnel» concours annuel de tir à la carabine. Une brève à ce sujet avait déjà été publiée dans le numéro de la veille.

 

Dans la redite publiée ce mercredi-là, on nous signalait en outre que les joyeux biffins, tout à leur excitation «chevrotinesque», ne s’aperçurent pas qu’au même moment, une autre sorte d’unité volante s’amusait à tirer l’entier contenu de leurs caravanes…

 

A n’en pas douter, une horreur de nature à provoquer vite fait bien fait un lâché de bérets rouges dans tout le Val d’Argent ! On comprend dès lors la large place consentie par le journal à l’ignoble forfaiture, n’était la présence, au sein de la même assemblée, d’un auteur de renom, venu en voisin dédicacer son dernier ouvrage.

 

Le général Paul Aussaresses (d’ailleurs orthographié « Aussares » par le journaliste…) y figurait en effet photographié en bonne place, médaille de la légion d’honneur autour du cou. Le reporter du mercredi dont les mystérieuses initiales « B.B. » ajoutent au surréalisme de l’article, y signale sa présence avec l’impassible déférence qui siérait au débarquement d’un maître choucroutier.

Non content de ne pas savoir retranscrire son nom, le chroniqueur du milieu de semaine savait-il au moins à qui il avait affaire?

 

Tortureur en Indochine, exécuteur en Algérie, recruteur d’assassins et de milices pour le compte des dictatures sud-américaines au milieu des années 70, condamné pour apologie de crimes de guerre, destitué de sa légion d’honneur en 2001, il est vrai qu’il s’agissait là d’anecdotes dont le fidèle lecteur pouvait rester ignorant !

 

Sinon la réplique des « Verts » de Sélestat, qui firent publier une réponse indignée dans les «DNA», aucun autre parti ou média ne s’est cru obligé de réagir, à notre connaissance.

 

P.S. Un entrefilet rédigé peu après par Mr et Mme Aussaresses, et publié depuis par l’Alsace», nous apprend que le nonagénaire n’arborait pas de légion d’honneur ce jour-là, mais une décoration remise par Baudoin, roi des Belges, en décembre 1967. Officiellement donc, Aussaresses devait "honorer" une délégation du pays d’outre-quiévrain, ce même jour. Si ça n’est qu’une histoire belge alors…

Publié dans Ça sent le Klappier!

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