Le vote électronique à Mulhouse: stop à la gabegie !

Publié le par KLAPP'68

De 2004 à 2007, le maire et ses équipes municipales ont tout tenté pour nous faire croire que le vote électronique était une panacée.
 
Le 14 juin 2004, JM Bockel déclarait à L’Alsace : «Je vous annonce un scoop. J’ai pris la décision de généraliser le système (du vote électronique) dans tous les bureaux mulhousiens pour 2007». A l’époque, le ministre de l’Intérieur qui préconisait le dispositif s’appelait Sarkozy…
 
A. Schakis, directrice adjointe des services à la mairie précisait le 7 avril 2007 à St Samacoïtz (journaliste à L’ALSACE): «Notre équipement en urnes et isoloirs était vétuste. Son remplacement aurait coûté 160 000 euros[1]; il a donc paru plus judicieux de consacrer un peu plus de 300 000 euros à l’achat d’un parc complet de machines à voter » (…) et le 13 «les 300 000 euros[2] devraient être amortis en quelques élections». Puis le 17, on lisait dans le même quotidien : «On économise du papier» et du personnel. Mme Schakis a néanmoins avoué à Pierre France (journaliste aux DNA) qu’en cas de résultats incohérents fournis par ce dispositif de vote électronique «on ne saurait pas quoi faire». Rassurant, non ?
 
En 2005, chaque électeur concerné par l’installation des ordinateurs dans son bureau de vote a pu lire dans le prospectus adressé à son domicile par la mairie : «Dans quelques années, le vote électronique va se généraliser dans toutes les villes de France».
 
De leur côté, les conseillers municipaux ne se sont pas intéressés à la question sauf un qui dès 2004 nous répondait qu’il partageait notre inquiétude. Seules les deux élues des Verts ont déclaré dans l’Echo Mulhousien en 2007 que le conseil municipal n’avait jamais été consulté sur le sujet et qu’elles étaient des opposantes convaincues au vote électronique.
 
Quant au déroulement des scrutins de 2008, il aurait été parfait aux dires de l’adjointe déléguée aux affaires démographiques. Pour vous assurer du contraire, il suffit de consulter l’article Le vote électronique : bilan des élections municipales et législatives 2008 dans le blog KLAPP68.
 
Aujourd’hui, ils sont obligés de reconnaître leur impéritie, obligés de faire marche arrière
 
En novembre 2007 puis en décembre, P. Freyburger s’intéresse enfin officiellement au sujet et s’adresse au préfet pour savoir si le dispositif du vote électronique mis en place est conforme à la loi. Le préfet n’a pas répondu mais la presse –DNA du 5 et L’ALSACE du 6.2.07- a donné les motifs officiels du retour aux urnes transparentes :
 
  • puisque les cantonales et les municipales ont lieu le même jour, il aurait fallu acheter d’autres ordinateurs et ça aurait coûté cher.
Ils oublient de dire que de toutes façons le Ministère de l’Intérieur qui donne les consignes n’aurait autorisé que la location… et qu’il refuse tout équipement aux communes qui en feraient actuellement la première demande ;
  • Impossible de rentrer les 55 noms des 7 listes.en lice aux municipales.
 
Bonjour la fine équipe Bockel, les économies de papier, de personnels et belle pagaille en perspective !
 
Toutefois, ils refusent encore d’admettre que le vote électronique n’est pas fiable ; qu’il est une atteinte fondamentale au droit de tout électeur à contrôler les opérations de vote et de dépouillement des scrutins. Nous, citoyen, citoyenne, devons les contraindre à un abandon définitif de ces machines. Le vote électronique est opaque et invérifiable.
 
Nous vous proposons ci-dessous, lecteur, lectrice, un texte à vous approprier, à améliorer sans doute, pour que vous l’adressiez aux candidats, dans leur local de campagne, lors de leur visite porte-à-porte ou leurs séances publiques.
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Elections Municipales et cantonales mulhousiennes 2008
 
LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS
 
Pourquoi nous requérons des urnes transparentes
immédiatement et définitivement
pour tous les scrutins
 
«En vertu d’un double principe d’urgence et de précaution, à cinq semaines du premier tour des municipales, la ville de Reims a décidé de suspendre le recours aux machines à voter électroniques pour les scrutins municipaux et cantonaux de mars 2008 (…)»(ville-reims.fr). Ainsi, involontairement, reconnaît-elle, s’être laissé berner sur l’infaillibilité du vote électronique. En effet, dans cette ville, l’écart entre les deux candidats de droite au premier tour pourrait être serré, à quelques centaines de voix. Le vote électronique ne permettant pas de recompter les bulletins puisqu’ils sont dématérialisés, le perdant voudra sans doute faire annuler le scrutin. La mairie de Reims a donc pris les devants en faisant marche arrière ! (cf le site ordinateurs-de-vote.org pour consulter la revue de presse sur le vote électronique et signer la pétition nationale).
 
Alors qu’à Mulhouse, nous venons d’apprendre que les élections cantonales s’effectueront avec des ordinateurs de vote[3] tandis que pour les municipales nous utiliserons la méthode traditionnelle des urnes transparentes, nous demandons à voter pour tous les scrutins à venir exclusivement en glissant un bulletin dans une enveloppe elle-même glissée dans une urne transparente, parce qu’à ce jour cette pratique reste de loin la plus fiable (cf les travaux de Chantal Enguehard, docteur en informatique, université de Nantes) pour recueillir nos voix. Tous les experts en informatique vous le diront (sauf peut-être ceux des fabricants !).
 
Les ordinateurs de vote, quoi qu’aient pu affirmer le maire de Mulhouse qui les a achetés sans en référer à son conseil municipal, ne sont pas –et ne seront jamais- fiables (voir blog klapp68). Il est impossible aux membres du bureau de vote, comme aux commissions de contrôle lorsqu’elles existent, a fortiori aux électeurs que nous sommes, de vérifier la transparence des opérations informatiques puisque personne ne peut avoir accès au cœur du système (secret industriel et commercial) et quand bien même y aurait-on accès qu’il serait impossible à quiconque, y compris aux experts en informatique, d’attester que chaque exemplaire de machine en service est conforme à l’identique au modèle contrôlé. Il est ainsi clair que les «simulations» préconisées dans les mairies pour nous rassurer nous ont en fait dissimulé l’essentiel... Nous devons faire une confiance aveugle à la machine. Or, nous savons tous qu’une machine n’est jamais fiable à 100%, encore moins si elle fait appel à de la programmation (à ne pas confondre avec le paramétrage). Nous ne pouvons tolérer que des résultats stockés dans des mémoires sous forme de 0 et 1 –ce qui n’ont rien à voir avec des urnes-, imprimés «en clair» sur un ticket d’ouverture (initialisation de la machine) et un autre, de clôture du scrutin, soient alors consacrés dogmatiquement par l’officiant, président du bureau de vote, exacts, voire conformes au choix de l’électeur. L’accepter serait irrationnel. Et irresponsable. On va vous demander d’être caution : « (…) Lors de l’opération de configuration des machines et de pose des scellés, vous convoquerez des représentants de tous les groupes politiques du conseil municipal et inviterez les candidats ou leurs délégués à y assister.
A cette occasion, un procès-verbal sera signé par l’ensemble des participants. Le jour du scrutin, les membres du bureau de vote constateront la correspondance entre les éléments du procès-verbal et la configuration de la machine installée, puis procéderont aux tests de bon fonctionnement prévus (…)». Extrait p4 de la circulaire de la ministre de l’Intérieur, datée du ler février 08, INT A 08 00023 C. Etes-vous disposé(e)s à signer des simulacres ?
 
Il vous appartient, à vous, candidats et candidates, qui aspirez à nous[4][3] représenter, d’exiger du Maire que le service des Elections de la ville de Mulhouse mette définitivement en place, pour toutes les élections à venir, des urnes transparentes, comme à Reims et ailleurs. Il vous incombe d’exiger la mise au rebut tous les ordinateurs de vote au motif qu’ils sont source d’entorse au code électoral( (ibid supra p 7), d’erreurs, de soupçons, de fraude (essentiellement dans la partie inaccessible), de pagaille (deux dispositifs de vote différents), de gabegie(quelque quatre cent mille euros tout de même) engendrée par un achat scandaleux engagé par un maire «victime» dès 2004[5][4] d’un pseudo-modernisme, des sirènes des lobbies des fabricants relayés par un ministre de l’Intérieur devenu depuis président de la république, oublieux du principe démocratique fondamental du droit de contrôle des élections par le citoyen
 
Le vote doit pouvoir être vérifié par chacun s’il le souhaite. En conséquence, il s’agira d’organiser, avec vos équipes de campagne, des candidatures aux fonctions d’observateur,trice des opérations générales de vote et scrutateur,trice chargé(e)s du dépouillement de nos bulletins de vote papier afin de contribuer au décompte final des voix dans la convivialité et la transparence totale à laquelle nous avons droit. A quoi servira d’analyser les résultats des élections dès la clôture du scrutin si nous perdons la maîtrise de l’outil qui nous les fournit ?
 
A l’issue des scrutins de mars 2008, une réévaluation globale du système sera mise en oeuvre au Ministère de l’Intérieur, avant les élections européennes de 2009. «Cette démarche portera sur l’ensemble des aspects liés à l’utilisation des machines à voter avec une révision exhaustive des dispositions du Code électoral ainsi qu’une refonte complète du règlement technique» (question 8131, JO 22/01/2008). Le sujet est extrêmement sérieux. Il mérite que nous fassions valoir sans plus tarder notre volonté de ne pas être davantage trompés. Nous ne voulons pas du vote électronique ni d’un remaniement du Code qui tendrait à réduire nos droits. Nous vous remercions de tout mettre en œuvre pour ne pas être encore trahis.
 
LE VOTE ELECTRONIQUE EST INVERIFIABLE, VIVENT LES URNES TRANSPARENTES !
 
[1] 60 isoloirs en bois précieux ?
[2] il n’a pas été possible de voir les factures
[3] Les machines à voter contiennent un processeur, des mémoires (qui font fonction d’urne) et une programmation. Elles ne sont pas des urnes calculatrices ou automatiques mais bel et bien des ordinateurs.
[4][3] En quatre heures sur la place publique plus de 300 signatures ont pu être recueillies en mars 2007 contre l’utilisation du vote électronique.
[5][4] Le 14 juin 2004, JM Bockel déclarait à L’Alsace : «Je vous annonce un scoop. J’ai pris la décision de généraliser le système (du vote électronique) dans tous les bureaux mulhousiens pour 2007».

Publié dans Vote électronique

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Olivier ABT 09/02/2008 20:29

OUI , IL EN EST QUI TRAVAILLENT POUR UNE EVENTUELLE DEMOCRATIESi le Klapp peut vous sembler parfois trop critique, sur ce thème, ils font le travail pour vous tous ! Mon avis est que le vote électronique est une erreur et je conseille à tous, si jamais les candidats et la mairie ne répondent pas intelligemment et respectueusement à cet appel, de NE PAS ALLER VOTER SUR DES MACHINES A FRAUDER ! Et oui c'est un avis radical, mais ou est le radicalisme ? Olivier ABTInformaticien... et nombre de mes collègues informaticiens sont de mon avis : MACHINE A VOTE  - MACHINES A FRAUDE