Yoooooh !... Il barle mal de Naboléon ! (1)

Publié le par KLAPP'68

 
Le texte ci-dessous provient du blog de Frédéric Joignot. Toutes les réponses de Victor Hugo sont rigoureusement authentiques ; elles proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », le pamphlet républicain contre Napoléon III.
Le titre et les commentaires qui suivent sont de Klapp. Ils introduisent une série de 5 articles qui paraîtront prochainement sur ce site.
 
 
ENTRETIEN AVEC VICTOR HUGO(*)
Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
Victor Hugo : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?
Victor Hugo : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n’y voit plus clair. Voilà un succès.
Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Et de cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
Victor Hugo : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.

Et la liberté de la presse dans tout çà ?
Victor Hugo (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
 
L’interview complète est publiée dans la revue RAVAGES de février 2008.
______________________________________________________ 
 
Que Klapp publie Hugo, d’accord, direz-vous; mais avec un titre imbibé de l’accent d’Emile Muller, est-ce vraiment de bon goût ?...
Oui, si ça peut permettre de rappeler que la présence à l’Elysée d’un personnage agité et médiocre est due en partie au vote alsacien.
Oui, si ça peut permettre de souligner que la version alsacienne de ce consternant scénario est encore plus médiocre :
La triste réalité d’aujourd’hui donne une certaine saveur à une blague qui circule depuis plusieurs années dans les couloirs de l’Assemblée Nationale, du Sénat et sous les ors de la « République », où l’Alsace continue d’avoir une image si particulière, pas vraiment synonyme de rayonnement intellectuel et politique. La plaisanterie s’est avérée si percutante et s’est si bien propagée que même France Culture s’en est fait l’écho un jour dans une émission en direct. Voilà cette blague, dans sa cinglante brièveté :
« Comment dit-on Nicolas Sarkozy en alsacien ?....  
 Jean-Marie Bockel ! »
Il n’y avait guère à l’époque que nos politiciens et journalistes locaux pour feindre l’incapacité à réaliser la bonne traduction…

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article