MUNICIPALES & CANTONALES 2008 Vote électronique : le bon sens en passe de l'emporter à Wintzenheim ?

Publié le par KLAPP'68

 Le 21 février, les DNA Edition Colmar ont publié un article sur l’abandon du vote électronique à Wintzenheim «les clics, c’est fini». Sous la signature de la journaliste –ce n’est peut-être pas elle qui a concocté le message- on peut lire ceci :
Les résultats en dix minutes
Un jeu d'enfant, le vote électronique. L'électeur insère une carte dans l'ordinateur et presse du doigt l'écran tactile pour exprimer son choix. Il peut le confirmer ou le modifier en appuyant à nouveau. A la fin de la journée, la machine délivre un ticket indiquant le nombre de votants, la proportion de votes blancs et les voix de chaque candidat. Si tout se passe bien, le dépouillement ne dure que dix minutes.
 
Mais si c’était aussi simple, toutes les villes de plus de 3500 hab se seraient précipitées pour acquérir de tels ordinateurs. Faut-il donc re-re-redire que la procédure visible, avec carte (comme à Wintzenheim) ou sans carte (comme à Mulhouse et Riedisheim), n’est pas ce qui est contestable : on enfonce une touche, on voit à l’écran, un ticket sort, etc. Ce qui est illégal, parce que non conforme au code électoral, c’est que l’électeur, le président du bureau de vote, ses assesseurs, les commissions de contrôle, les partis politiques et leurs candidats, n’ont plus la possibilité de suivre le bulletin de vote donc de contrôler la sincérité des résultats. On doit faire confiance à une machine et cela est inadmissible.
 
Le cœur de l’ordinateur qui gère son fonctionnement n’est accessible à personne d’autre qu’au fabricant (secret industriel et commercial). Que les municipalités concernées veuillent nous faire croire que les candidats, les partis ont la possibilité de voir comment les paramétrages sont effectués et d’assister à la mise sous scellés des ordinateurs par un huissier est de l’enfumage : les données des scrutins saisis par les services municipaux ne prêtent jamais ou très peu à la contestation ; la mise sous scellés, que signifie-t-elle ? Que constate réellement l’huissier dans le procès-verbal que vous signerez ? Est-il compétent en informatique ? Veut-on nous faire croire qu’une fois les scellés apposés, nous devons dormir en paix ? Nul(le) n’est en capacité de vérifier que la programmation qui fonctionne apparemment correctement le jour de la pose des scellés sera celle qui fonctionnera le jour du scrutin. Les candidats, les partis, les services municipaux ne peuvent ignorer que la mise en place d’un micro-programme lançant une autre procédure entre les heures d’ouverture et fermeture des scrutins est facilement réalisable (même si elle n’est pas réalisée à ce jour), absolument indétectable puisque ledit programme est facilement autodestructible, parfaitement invérifiable, depuis la création du logiciel jusqu’à sa fabrication en série, à son installation dans les mairies et qu’on ne peut en connaître ni la capacité, ni le champ d’application sauf à obtenir des résultats incohérents. Et alors que se passerait-il ? La réponse a été donnée à la presse, en son temps, par Mme Schakis, directrice adjointe des services municipaux : «en cas de résultats incohérents, nous ne saurions pas quoi faire». Le problème est re-soulevé dans l’article du 21 février par la réserve «si tout se passe bien».
 
Le renoncement régulier des villes équipées en ordinateurs de vote (cf le site ordinateurs-de-vote.org ou le blog klapp68) montre à l’évidence que les rapports d’agrément censés nous assurer que le dossier était maîtrisé par le ministère de l’intérieur et que toutes les précautions pour le respect des droits des citoyens avaient été envisagées, n’étaient que mur de fumée. Après les municipales et cantonales, le dossier sera repris au ministère de l’intérieur et nous devrons rester très vigilants. Le risque en effet sera de nous laisser imposer une modification du code électoral qui nous confisquera(it) peu ou prou le droit de contrôler les scrutins, pour privilégier d’autres intérêts, au profit d’entreprises privées en particulier. Et alors, que resterait-il d’une démocratie déjà mal en point ?)
 
Il est piquant de constater que les «DNA» du 21 février vantent les mérites du vote électronique dans l’article annonçant son probable abandon ! L’exercice est tellement compliqué qu’on se demande si la conclusion n’est pas un gag (mais ce n’est pas le genre d’audace que s’autorise en général la presse locale). Qu’on en juge : « Si la ville [de Wintzenheim] ne devait plus utiliser ces ordinateurs, ils ne seront pas perdus pour tout le monde. Ecoles et maisons de retraite seront volontiers preneurs » écrit la journaliste. Et pas les «DNA» ?... Avec de tels outils, leurs journalistes nous concocteraient des articles d’excellente tenue, c’est sûr, qui ne dépareilleraient pas leur production habituelle.
 

Publié dans Vote électronique

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