Antennes relais (2) A Strasbourg : les gros bobards de Grosskellermann; à St Avertin : un collectif obtient des engagements.

Publié le par KLAPP'68

 
L’association « Robin des Toits » est très active à Strasbourg. A notre connaissance, il n’y a pas, pour le moment, de militants qui fassent le même travail à Mulhouse ou dans le Haut-Rhin. C’est dommage : on y découvrirait sûrement les mêmes problèmes que dans le Bas-Rhin et, chez les élus, la même hypocrisie que celle observée à Strasbourg.
Ceci dit, on pourra voir, dans l’article ci-dessous émanant de l’association « Robins des Toits », que cette dernière surestime le pouvoir des élus locaux qui ne disposent, en fait, que d’une capacité limitée d’intervention.
 
Cette relative impuissance, nos élus ne l’avoueront que du bout des lèvres, refusant pour des raisons politiques de remettre en cause la « liberté » et la « concurrence libre et non faussée » qu’exigent les industriels de la téléphonie mobile. On est en système capitaliste, non ? Et si on accepte les règles de ce système on peut difficilement contester, par exemple, que de nombreux opérateurs viennent occuper ce « marché ». Et on ne peut pas empêcher alors que chaque opérateur installe ses antennes relais aux côtés de celles de ses concurrents, démultipliant ainsi la pollution électromagnétique et les dégâts pour la santé publique… Sans parler du gaspillage que représente cette gestion privée anarchique sur le plan économique.
 
Vous imaginez un instant Keller, Grossmann, Bockel, ou même Ries et Freyburger se prononcer pour la collectivisation de la téléphonie mobile qu’il faudrait regrouper sous le contrôle d’un seul opérateur public ?!!! Eux qui ont présenté la privatisation de France Télécom (tiens, c’est encore Jospin, ça !) comme un progrès considérable !...
On sent bien, d’ailleurs, à la lecture des remèdes proposés par « Robin des Toits » ou par le « Consommateur d’Alsace », que, pour eux aussi, la question d’une propriété et d’un contrôle collectifs de ce moyen de communication reste une question taboue.
 
 
 
Le communiqué de « Robin des Toits » :
 
 
 
Strasbourg : mobile et antennes-relais inavouables.
A la fin de l’année 2005, Madame KELLER, Maire de STRASBOURG, déclare publiquement qu’elle a décidé de stopper les implantations d’antennes-relais de téléphonie mobile dans sa ville. Au cours de l’année 2006, les opérateurs installent partout dans STRASBOURG des antennes de nouvelle génération, nommée UMTS ou 3G. Cette installation générale correspond à peu près à un doublement des intensités de champs électromagnétiques. Apparemment, la Ville n’a pas jugé utile d’informer la population qu’on doublait la dose. En tout cas pas de trace.
Au début de l’hiver 2007, en liaison avec l’Association Nationale Robin des Toits, le CRIIREM procède à STRASBOURG à une campagne de mesures inopinée, c’est-à-dire sans que les opérateurs soient informés. Elle permet de constater que l’UMTS fonctionne partout et que les intensités électromagnétiques sont souvent nettement au dessus du maximum légal, fixé dans le cadre de la compatibilité électromagnétique. A l’occasion d’une réunion avec Robin des Toits à la Mairie, la Ville prend publiquement, devant une large représentation des médias, des engagements. Retenons le principal.
La Ville va commander une campagne officielle de mesures au CRIIREM. Ensuite long silence. A l’issue du Colloque de STRASBOURG, la Ville renouvelle son engagement. Peu après, la Ville informe Robin des Toits par courrier qu’elle revient sur sa parole.
Robin des Toits écrit à Madame KELLER le 22 Janvier 2008 pour accuser réception de la décision de renier un engagement public et l’informer que la campagne de mesures prévue aura lieu quand même. Sans la Ville. Cette deuxième campagne, également inopinée, s’est déroulée les 13 et 14 Février 2008. Elle confirme les résultats de la première. L’UMTS fonctionne partout à STRASBOURG. Les intensités de champs peuvent monter en Centre Ville jusqu’à 10 V/m.
Notons qu’un nombre croissant d’habitants déclare ne plus pouvoir supporter ces intensités. Notons également que les pathologies spécifiques constatées partout autour des antennes se multiplient à STRASBOURG. L’étude la plus récente en date dont l’auteur est le Docteur OBERFELD, médecin du service de santé environnementale de Salzbourg, note l’augmentation des cancers à proximité des sites d’antennes-relais.
Robin des Toits fait trois observations :
1- La Ville est informée du fait que la téléphonie mobile et les technologies de même famille, UMTS, WIFI, WIMAX, BLUETOOTH, etc... comportent une agression sanitaire grave des êtres vivants. Au cours du Colloque du 04 Décembre 2007, des précisions ont été fournies sur le Rapport international récapitulatif nommé BIOINITIATIVE, qui établit, pathologie par pathologie, les preuves scientifiques de la toxicité. La Ville est tout aussi informée des dispositions qui pourraient assurer une protection de la Santé Publique.
2- La Ville dispose des références des textes légaux prioritaires d’où il résulte que le maximum légal d’intensité en France est de 3 V/m. Les campagnes du CRIIREM, dont le Directeur Scientifique est Expert agréé du Parlement Européen et Consultant du Conseil de l’Europe, montrent que ce maximum est fréquemment et largement dépassé à STRASBOURG. Il n’y a pas de trace d’acte public de la Ville imposant le respect de la légalité aux opérateurs.
3- Les installations de nouvelles antennes sont soumises à des obligations légales. Or la 3G (UMTS), ce n’est ni de la maintenance, ni de la mise à jour. Ce sont de nouvelles antennes. Si la Ville a respecté la légalité, elle doit être en mesure de rendre publics quelques documents :
 les dossiers de déclarations de travaux pour chaque installation comportant les informations techniques de base qui sont dues à la population. C’est-à-dire, antenne par antenne : • la fréquence, • la puissance nominale ET avec gain, • le rayon de cellule. Les obligations légales comportent également un affichage en Mairie et sur les lieux de l’installation. Les Strasbourgeois consultés, quelque soit leur adresse, n’ont aucune mémoire d’aucun affichage. Une cartographie d’ensemble des implantations attesterait du suivi de la Ville.
 Une liste des réunions organisées avec la population pour l’information et la concertation avant les travaux d’implantation. Avec précision des dates et des lieux. Les antennes étant posées dans l’ensemble de la Ville, le nombre de réunions devrait être conséquent.
Au cas où la Ville déciderait de faire face à sa responsabilité, elle a le choix entre deux niveaux :
 Si elle respecte la loi, elle doit imposer aux opérateurs le respect d’un seuil maximal d’exposition du public à 3 V/m.
 Si elle se soucie de la Santé Publique, elle doit imposer aux opérateurs le respect d’un seuil maximal d’exposition du public à 0,6 V/m.
Dans les deux cas, elle doit prévoir des contrôles réellement indépendants des opérateurs. Ce qui peut se faire aisément au moyen de la technique récente des sondes en continu. Avec participation des Associations.
Les opérateurs déclarent que le seuil de 0,6 V/m n’est pas possible techniquement. Il y a deux réponses :
 Une forte proportion des chiffres indiqués dans les rapports de mesures qu’ils payent est inférieur à 0,6 V/m, et souvent très nettement. Sans qu’un arrêt de fonctionnement soit indiqué.
 Un démenti concret leur est apporté depuis deux ans dans la Ville de VALENCIA en Espagne. Dans tout un quartier, la téléphonie mobile marche normalement alors que le maximum fixé par la Ville est contrôlé en permanence. Il est de 1 V/m tous émetteurs confondus, compris le WIFI, c’est-à-dire 0,6 V/m pour la téléphonie mobile.
La Ville de STRASBOURG a plusieurs fois déclaré que dans le domaine de la téléphonie mobile les Maires n’ont aucun pouvoir. C’est accepter, c’est répéter la doctrine des opérateurs. Les exemples du contraire sont nombreux. Citons les plus récents :
 Après l’apparition de diverses pathologies, le Maire de Paris fait démonter les antennes WIFI dans un certain nombre de bibliothèques municipales,
 Après un ensemble de drames, le Maire de Lyon a décidé de faire démonter des antennes sur des groupes scolaires. Et il a demandé une campagne de mesures au CRIIREM. Les démontages ont commencé.
Pour éviter des drames à délai peu éloigné, la Ville de STRASBOURG serait bien inspirée de suivre cet exemple.
Robin des Toits.

Ca bouge à Saint Avertin (dans le 37) où un communiqué nous apprend que l’installation d’une antenne-relais est contestée, obligeant tous les candidats aux municipales à réagir.
Même si les termes de ce communiqué - que nous reprenons ci-dessous – expriment un optimisme sans doute un peu excessif, la mobilisation qu’il décrit est réjouissante. Puisse-t-elle se répéter ailleurs !
 
Voilà le communiqué :
 
Le projet de déploiement de l’UMTS est remis en cause à Saint Avertin.
Le collectif Anti-Antennes Grands Champs un quartier de la commune de Saint Avertin (15000 habitants) dans la banlieue de Tours(37) est en train d’obtenir des engagements décisifs des candidats aux municipales. Depuis plusieurs mois les riverains du quartier des Grands Champs se sont émus d’un projet d’implantation de 2 nouvelles antennes de téléphonie mobile de génération UMTS sur le stade. En périphérie de ce dernier se trouvent un collège, une école primaire et maternelle, des HLM et une centaine de pavillons...
Les riverains se sont réunis en collectif, ont adhéré à l’association Robin Des Toits et au CRIIREM. Ils sont soutenus par des parents d’élèves, une association de quartier et plus de 200 personnes signataires de leur pétition réclamant un seuil maximum d’exposition aux ondes électromagnétiques de 0.6V/m.
Dans un premier temps le maire a décidé le gel des travaux en attendant l’avis de l’AFSSET(association française de sécurité sanitaire et de l’environnement) sur le dossier. Sans attendre cet avis, le collectif a continué sa campagne d’information et de sensibilisation de la population, en particulier il a rendu public le témoignage de riverains qui vivent actuellement sous une antenne de génération GSM. Les « gênes » qu’ils subissent sont dramatiquement sans surprise :
 Insomnies (de 2h à 4h du matin heures auxquelles les émissions d’ondes sont les plus fortes puisque les opérateurs profitent d’une baisse du trafic téléphonique pour transmettre des données et mises à jour entre les relais)
 Maux de têtes
 2 cas de tachycardies
 Irritabilité, lassitude, impression de broyer du noir en permanence....
Heureusement, pour l’instant, il n’y a pas de cancer déclaré. Bien sûr ces symptômes disparaissent lorsque les riverains quittent leur domicile pour un WE ou les vacances... Finalement ce qui était au départ l’inquiétude d’une poignée est devenu un des sujets centraux de la campagne municipale. Chaque candidat a été interpellé par le collectif et voilà les engagements qu’ils ont pris :
 Liste Saint Avertin Avenir La tête de liste Mr Michel Moujart s’est engagé, par écrit et publiquement, en cas d’élection à revoir les termes des accords avec les opérateurs pour garantir un seuil maximum d’émission des ondes électromagnétiques de 0.6V/m en tous points de la commune.
 Liste UNION et Citoyenneté menée par Patrick Pignon Elle s’engage, à l’application anticipée de la proposition de loi N°358 (enregistrée le 07/11/2007) relative à la réglementation de l’implantation des antennes relais de radiotéléphonie mobile qui « fixe à 0.6v/m, la valeur limite d’exposition du public, aux champs électromagnétiques émis par les antennes ».
 Liste Vivons Saint Avertin Ensemble (liste du maire sortant) Mr Paumier à transmis au collectif une note dont voici quelques extraits Ses engagements : 1) « Geler les projets de déploiement UMTS en cours... » 2) « Organiser une réunion débat publique et contradictoire sur les projets de déploiements de l’UMTS à Saint Avertin au printemps 2008, après réception de toutes les réponses des autorités saisies ; votre collectif sera invité à y participer, ainsi que la communauté éducative, les parents d’élèves, les représentants du monde sportif, l’Amicale des Grands Champs, le CRIIREM, les opérateurs, les élus, les habitants... » 3) « Soumettre à un nouveau vote du conseil municipal les projets de déploiement de l’UMTS sur le territoire de Saint Avertin avant l’été 2008 : à cet égard et en fonction des nouveaux éléments d’information recueillis, les projets que je présenterai au nouveau vote pourront être très différents de ceux présentés et votés à l’unanimité par le conseil Municipal en Juillet 2007, et même respecter, si telle est la conviction majoritaire de mes collègues, le seuil d’exposition maximal de 0,6V/m auquel vous êtes attachés.... »
Bravo, bravo, bravo, aux listes « Saint Avertin Avenir » et « Union et Citoyenneté » qui ont déjà acquis l’intime conviction qu’il fallait sans attendre un drame de santé publique, appliquer le principe constitutionnel de précaution, c’est-à-dire garantir aux riverains un seuil maximum d’exposition aux ondes électromagnétiques très faible en tous points de la commune. Nous remercions également la liste « Vivons Saint Avertin Ensemble » qui accepte de remettre en cause le projet, simplement, en cette période électorale où l’on attend des candidats qu’ils expriment leur vision des choses, leurs propositions pour l’avenir et finalement leurs convictions, on s’étonnera que le maire sortant malgré la somme d’informations que nous lui avons transmis depuis de nombreuses semaines n’ait toujours pas de conviction personnelle sur le sujet.....
En tout état de cause le projet UMTS tel qu’il était prévu, a du plomb dans l’aile. C’est un grand pas, un début de brèche qui décuple la détermination du collectif.. à suivre ...
 

 
 

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