Centrale nucléaire de Fessenheim : on a passé les bornes !

Publié le par KLAPP'68

 

A l’occasion du trentième anniversaire de la mise en service du second réacteur de la centrale de Fessenheim, le  réseau « Sortir du nucléaire » rappelle opportunément – dans un communiqué que nous reprenons intégralement ci-dessous - quelques données sur le coût économique et surtout sur la dangerosité de cette centrale.

En négatif, cela donne une petite idée de la force du lobby nucléaire ; ce que n’évoque pas le communiqué du réseau « Sortir du  nucléaire », qui se contente de dire qu’ « il est bien dommage » (?!) qu’EDF et les autorités ne ferment pas définitivement Fessenheim. Comme si il s’agissait d’un simple oubli, d’une erreur de raisonnement ou d’un problème moral !...

 

Voilà le communiqué du réseau « Sortir du nucléaire » :

Ce mardi 18 mars 2008, il y a trente ans, le second réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim était mis en service. Conçu initialement pour durer une vingtaine d’années, selon les dires des ingénieurs de l’époque, ce réacteur et son "frère" n’auraient jamais dû être construits :

 installés en contrebas du Grand Canal d’Alsace, les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim sont exposés au risque de rupture brutale de la digue. Et le refus obstiné d’EDF d’envisager une telle possibilité ne réduira certainement pas le danger....

 implantée sur une faille sismique active, la centrale de Fessenheim ne résisterait pas à un séisme identique à celui qui a ravagé la ville de Bâle en 1356 : le Réseau "Sortir du nucléaire" a rendu public en juin 2003 des documents confidentiels, issus d’EDF, qui montraient que l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) contestait formellement les calculs d’EDF. Plus récemment, une nouvelle expertise suisse a montré que ce sont les fondements mêmes de l’étude originale qui devraient être revus.

Après 30 ans de service, interrompus par des incidents à répétition, après des centaines de millions d’euros dépensés en réparations et maintenances diverses, le bilan de ce réacteur est particulièrement éloquent :

 les deux dernières années, pendant lesquelles ce réacteur n’aura été disponible qu’à peine sept mois par an, figurent parmi les huit plus mauvaises années de fonctionnement depuis 30 ans.

 en 2007, le réacteur n°2 a dû être arrêté du 18 octobre au 30 décembre 2007, pour rechargement de combustible, mais aussi pour "plus de 6000 activités de contrôle et de maintenance" (dixit EDF), activités qui ont généré pas moins de 5 incidents et 7 cas de contamination radioactive sur les travailleurs impliqués dans ces opérations.

 début 2008, après deux mois et demi de travaux de maintenance, une fixation de tuyauterie a lâché à peine une semaine après le redémarrage : 5 jours d’arrêt et un nouvel incident lors du redémarrage du réacteur.

 depuis le 18 février, le réacteur est à nouveau à l’arrêt à cause d’une fuite radioactive du circuit primaire ...

Sur deux mois et demi en 2008, le réacteur n°2 aura fonctionné moins de la moitié du temps, avec un manque à gagner de l’ordre de 160 000 euros par jour de panne : depuis le 1er janvier, ce sont déjà plus de cinq millions d’euros qui ont été perdus.

Quel que soit l’acharnement d’EDF à prolonger ce réacteur au-delà de toute logique technique ou financière, il est temps de se rendre à l’évidence : après trente ans de pannes et d’incidents divers, le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim est arrivé au-delà de ses limites. Dangereux par nature, un réacteur nucléaire l’est encore plus lorsqu’il est vieillissant.

Il est bien dommage qu’EDF et les autorités françaises ne saisissent pas la date cruciale du 18 mars 2008 pour fermer définitivement cette centrale. Si le pire se produit, les "responsables" seront totalement coupables.

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