Vote électronique

Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /2008 22:03
Sébastien Scognamiglio, candidat des Verts pour le canton de Boulogne Nord-Est dans les Hauts de Seine, se voit refuser l’accès au second tour parce qu’il lui manque une voix. Pourtant l’émargement signale un votant de plus que ce qu’a comptabilisé la machine. Le Préfet lui refuse le second tour.
Le candidat a demandé devant le TA de Versailles la suspension et l'annulation de l'arrêté du préfet le retirant de la liste des candidats admis au second tour (dans un premier temps il y avait été mis).
Première audience ce jeudi matin, seconde (annulation) demain vendredi 14 mars à 11h30.
Heureusement qu’à Mulhouse, les services de la mairie s’évertuent à vouloir nous faire croire, via la presse locale, que les machines à voter sont fiables à 100 % puisque le vendeur Nedap l’affirme.
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /2008 19:21
 
 
A trois jours du premier tour des élections municipales et cantonales, des informaticiens réunis en association citoyenne ont mis en garde jeudi contre le vote électronique, dont ils mettent en doute le «sérieux».

Alors que 77 villes selon le ministère de l'Intérieur procéderont au scrutin via des machines, le collectif «Ordinateurs de vote» affirme que le vote électronique ne remplit pas toutes les conditions de conformité à la loi électorale et dénonce son «opacité».

L'association dénonce notamment le manque de contrôle extérieur quant à la conformité des machines et la possibilité théorique de comptabiliser une partie des votes enregistrés par un candidat au bénéfice d'un autre.

Mais elle se félicite de la décision en janvier du ministère de l'Intérieur de ne pas accorder à de nouvelles communes l'autorisation de recourir aux machines à voter pour le double scrutin de mars. Le ministère «a compris que les générations de machines actuelles ne garantissaient rien de sérieux», a souligné Jean-Didier Graton, expert consultant en sécurité des technologies de l'information.

«Le vote électronique est encore du domaine de la recherche, il n'est pas au point scientifiquement», affirme Chantal Enguehard, maître de conférences en informatique au CNRS. Le collectif souligne ainsi que le premier fournisseur de machines à vote en France, le néerlandais Nedap, est celui-là même qui équipe les Pays-Bas, pays novateur en la matière en Europe mais où un retour au vote papier est à l'étude en raison des risques d'erreur soupçonnés... C'est un «matériel risible en termes de sécurité», estime François Grieu, expert en cartes à puce. Il note qu'il est ainsi possible pour un informaticien «de modifier le logiciel sans que ce soit détectable» afin par exemple de «transmettre 10% des voix d'un candidat à un autre». M. Graton ajoute que la possibilité théorique existe aussi de «permuter (vers un autre candidat) le vote des déficients visuels», qui doivent s'équiper d'un dispositif supplémentaire.
 
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Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /2008 00:20
 Le 21 février, les DNA Edition Colmar ont publié un article sur l’abandon du vote électronique à Wintzenheim «les clics, c’est fini». Sous la signature de la journaliste –ce n’est peut-être pas elle qui a concocté le message- on peut lire ceci :
Les résultats en dix minutes
Un jeu d'enfant, le vote électronique. L'électeur insère une carte dans l'ordinateur et presse du doigt l'écran tactile pour exprimer son choix. Il peut le confirmer ou le modifier en appuyant à nouveau. A la fin de la journée, la machine délivre un ticket indiquant le nombre de votants, la proportion de votes blancs et les voix de chaque candidat. Si tout se passe bien, le dépouillement ne dure que dix minutes.
 
Mais si c’était aussi simple, toutes les villes de plus de 3500 hab se seraient précipitées pour acquérir de tels ordinateurs. Faut-il donc re-re-redire que la procédure visible, avec carte (comme à Wintzenheim) ou sans carte (comme à Mulhouse et Riedisheim), n’est pas ce qui est contestable : on enfonce une touche, on voit à l’écran, un ticket sort, etc. Ce qui est illégal, parce que non conforme au code électoral, c’est que l’électeur, le président du bureau de vote, ses assesseurs, les commissions de contrôle, les partis politiques et leurs candidats, n’ont plus la possibilité de suivre le bulletin de vote donc de contrôler la sincérité des résultats. On doit faire confiance à une machine et cela est inadmissible.
 
Le cœur de l’ordinateur qui gère son fonctionnement n’est accessible à personne d’autre qu’au fabricant (secret industriel et commercial). Que les municipalités concernées veuillent nous faire croire que les candidats, les partis ont la possibilité de voir comment les paramétrages sont effectués et d’assister à la mise sous scellés des ordinateurs par un huissier est de l’enfumage : les données des scrutins saisis par les services municipaux ne prêtent jamais ou très peu à la contestation ; la mise sous scellés, que signifie-t-elle ? Que constate réellement l’huissier dans le procès-verbal que vous signerez ? Est-il compétent en informatique ? Veut-on nous faire croire qu’une fois les scellés apposés, nous devons dormir en paix ? Nul(le) n’est en capacité de vérifier que la programmation qui fonctionne apparemment correctement le jour de la pose des scellés sera celle qui fonctionnera le jour du scrutin. Les candidats, les partis, les services municipaux ne peuvent ignorer que la mise en place d’un micro-programme lançant une autre procédure entre les heures d’ouverture et fermeture des scrutins est facilement réalisable (même si elle n’est pas réalisée à ce jour), absolument indétectable puisque ledit programme est facilement autodestructible, parfaitement invérifiable, depuis la création du logiciel jusqu’à sa fabrication en série, à son installation dans les mairies et qu’on ne peut en connaître ni la capacité, ni le champ d’application sauf à obtenir des résultats incohérents. Et alors que se passerait-il ? La réponse a été donnée à la presse, en son temps, par Mme Schakis, directrice adjointe des services municipaux : «en cas de résultats incohérents, nous ne saurions pas quoi faire». Le problème est re-soulevé dans l’article du 21 février par la réserve «si tout se passe bien».
 
Le renoncement régulier des villes équipées en ordinateurs de vote (cf le site ordinateurs-de-vote.org ou le blog klapp68) montre à l’évidence que les rapports d’agrément censés nous assurer que le dossier était maîtrisé par le ministère de l’intérieur et que toutes les précautions pour le respect des droits des citoyens avaient été envisagées, n’étaient que mur de fumée. Après les municipales et cantonales, le dossier sera repris au ministère de l’intérieur et nous devrons rester très vigilants. Le risque en effet sera de nous laisser imposer une modification du code électoral qui nous confisquera(it) peu ou prou le droit de contrôler les scrutins, pour privilégier d’autres intérêts, au profit d’entreprises privées en particulier. Et alors, que resterait-il d’une démocratie déjà mal en point ?)
 
Il est piquant de constater que les «DNA» du 21 février vantent les mérites du vote électronique dans l’article annonçant son probable abandon ! L’exercice est tellement compliqué qu’on se demande si la conclusion n’est pas un gag (mais ce n’est pas le genre d’audace que s’autorise en général la presse locale). Qu’on en juge : « Si la ville [de Wintzenheim] ne devait plus utiliser ces ordinateurs, ils ne seront pas perdus pour tout le monde. Ecoles et maisons de retraite seront volontiers preneurs » écrit la journaliste. Et pas les «DNA» ?... Avec de tels outils, leurs journalistes nous concocteraient des articles d’excellente tenue, c’est sûr, qui ne dépareilleraient pas leur production habituelle.
 
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