Présidentielles: Les raisons du vote alsacien (2)
Nous communiquons dans son intégralité la réaction d'un personnage politique alternatif local qui mérite lecture et suscite le débat...
KLAPP'68
Un fléau est venu chasser l'autre
L’Alsace est une terre d’accueil par excellence, qui a été tour à tour envahie, occupée, libérée, relibérée, qui, de 1941 à 1945 a connu l’occupation nazie.
L’Alsace est située sur un territoire proche de l’Allemagne et la Suisse et… par la force des choses, a toujours été un barrage de cultures, elle s’est effectivement enrichie de l’apport de la diversité des uns et des autres venus d’ailleurs.
Et… pourtant, et… pourtant, elle a également été une terre d’accueil pour les idées de LE PEN et elle vient presque de plébisciter SARKOZY.
Pourquoi ? comment cela peut-il s’expliquer ? chacun y va de son analyse et moi, qui suis né ici, dont les parents, les grands-parents, les arrières grands-parents ont également été (ce qu’on appelle) de souche alsacienne. J’ai envie de rajouter mon petit couplet, d’apporter ma part de vérité, tout en n’ayant pas la prétention de tout savoir, de tout expliquer.
J’ai tout simplement - ganz einfach (comme on dit en alsacien) envie de dire que cette belle région est majoritairement conservatrice. Et… elle est conservatrice parce qu’elle a quelque chose à conserver. Cette obsession de conservatisme est multiple : c’est la famille, la religion, le vignoble (si beau) les belles maisons à colombages, les géraniums, les nains de jardin, les habitudes, les traditions etc… etc…
Et tout cela sur un fond de peur : peur de l’autre, de l’étrange, de l’étranger et… parallèlement le souci de l’ordre (on sait où cela commence, mais on ne sait jamais où cela s’arrête).
N’oublions pas que pendant l’occupation par Hitler et ses troupes, une petite minorité agissante a réussi à entraîner une majorité qui a pactisé avec les nazis.
Dans notre rue, nous étions les seuls à ne pas sortir le drapeau à croix gammée, alors que toutes les maisons étaient pavoisées. Et… les mêmes n’ont pas hésité en 1945 à remplacer le drapeau hitlérien par le drapeau bleu blanc rouge. Ils étaient devenus gaullistes comme par enchantement. De Gaulle était certes le libérateur, le Chef, mais il était aussi le guide (c’est lui qui l’a affirmé) et… le GUIDE en allemand c’est le Führer.
Voilà, à mon humble avis, ce qui explique le vote LE PEN et… par voie de conséquence, le vote SARKO. Mais pourquoi ce virage de LE PEN à SARKO? Eh bien, tout simplement parce qu’il n’y a pas de virage ou si peu ; parce que SARKO leur a permis de passer du stade contestataire, de la recherche permanente du bouc émissaire, au stade de la possible victoire.
Et cette occasion unique, la majorité alsacienne ne l’a pas loupée.
Est ce pour autant une fatalité, faut-il en prendre acte et s’en accommoder ?
A mon avis, non ! cent fois, mille fois non, NON !
Il s’agit aujourd’hui, plus que jamais de RESISTER, d’apprendre à nous relier dans nos diversités, d’entreprendre un travail d’éducation et de culture populaire, d’apprendre à communiquer nos espoirs, de mener des actions, d’expérimenter des projets innovants… porteurs d’espoir.
Et à ceux qui diront c’est utopique, je réponds pourquoi pas ? mais cela peut devenir une utopie réaliste.
L’utopie dans l’horreur de la haine des camps de concentration, de l’ultra sécuritaire, de la délation… cette utopie, nous l’avons connue et nous la connaissons encore partiellement.
Alors… pourquoi pas croire à l’utopie de la fraternité, de la solidarité ?
Et… comme on dit en alsacien,
Salü binander (salut à vous)
L’Alsace est située sur un territoire proche de l’Allemagne et la Suisse et… par la force des choses, a toujours été un barrage de cultures, elle s’est effectivement enrichie de l’apport de la diversité des uns et des autres venus d’ailleurs.
Et… pourtant, et… pourtant, elle a également été une terre d’accueil pour les idées de LE PEN et elle vient presque de plébisciter SARKOZY.
Pourquoi ? comment cela peut-il s’expliquer ? chacun y va de son analyse et moi, qui suis né ici, dont les parents, les grands-parents, les arrières grands-parents ont également été (ce qu’on appelle) de souche alsacienne. J’ai envie de rajouter mon petit couplet, d’apporter ma part de vérité, tout en n’ayant pas la prétention de tout savoir, de tout expliquer.
J’ai tout simplement - ganz einfach (comme on dit en alsacien) envie de dire que cette belle région est majoritairement conservatrice. Et… elle est conservatrice parce qu’elle a quelque chose à conserver. Cette obsession de conservatisme est multiple : c’est la famille, la religion, le vignoble (si beau) les belles maisons à colombages, les géraniums, les nains de jardin, les habitudes, les traditions etc… etc…
Et tout cela sur un fond de peur : peur de l’autre, de l’étrange, de l’étranger et… parallèlement le souci de l’ordre (on sait où cela commence, mais on ne sait jamais où cela s’arrête).
N’oublions pas que pendant l’occupation par Hitler et ses troupes, une petite minorité agissante a réussi à entraîner une majorité qui a pactisé avec les nazis.
Dans notre rue, nous étions les seuls à ne pas sortir le drapeau à croix gammée, alors que toutes les maisons étaient pavoisées. Et… les mêmes n’ont pas hésité en 1945 à remplacer le drapeau hitlérien par le drapeau bleu blanc rouge. Ils étaient devenus gaullistes comme par enchantement. De Gaulle était certes le libérateur, le Chef, mais il était aussi le guide (c’est lui qui l’a affirmé) et… le GUIDE en allemand c’est le Führer.
Voilà, à mon humble avis, ce qui explique le vote LE PEN et… par voie de conséquence, le vote SARKO. Mais pourquoi ce virage de LE PEN à SARKO? Eh bien, tout simplement parce qu’il n’y a pas de virage ou si peu ; parce que SARKO leur a permis de passer du stade contestataire, de la recherche permanente du bouc émissaire, au stade de la possible victoire.
Et cette occasion unique, la majorité alsacienne ne l’a pas loupée.
Est ce pour autant une fatalité, faut-il en prendre acte et s’en accommoder ?
A mon avis, non ! cent fois, mille fois non, NON !
Il s’agit aujourd’hui, plus que jamais de RESISTER, d’apprendre à nous relier dans nos diversités, d’entreprendre un travail d’éducation et de culture populaire, d’apprendre à communiquer nos espoirs, de mener des actions, d’expérimenter des projets innovants… porteurs d’espoir.
Et à ceux qui diront c’est utopique, je réponds pourquoi pas ? mais cela peut devenir une utopie réaliste.
L’utopie dans l’horreur de la haine des camps de concentration, de l’ultra sécuritaire, de la délation… cette utopie, nous l’avons connue et nous la connaissons encore partiellement.
Alors… pourquoi pas croire à l’utopie de la fraternité, de la solidarité ?
Et… comme on dit en alsacien,
Salü binander (salut à vous)
Roger Winterhalter
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