A Monsieur...

Publié le par KLAPP'68

A Monsieur le Maire de Mulhouse
et Secrétaire d'Etat à la Coopération
et à la Francophonie,


    Permettez à toute la Rédaction de KLAPP'68 de se joindre au concert de louanges quasi unanime qui monte jusqu'à vous depuis les bancs du Conseil Municipal, non seulement du Groupe Majoritaire, ce qui est bien le moins, mais aussi et surtout de la part de vos plus coriaces adversaires d'Alsace d'Abord dont l'enthousiasme et la satisfaction étalés dans l'Echo Mulhousien font plaisir à voir.

    On voit que la rancune a été promptement jetée à la rivière, et que s'ouvrent devant vous de riantes perspectives de progrès social et d'épanouissement des valeurs de gauche auxquelles vous êtes plus que jamais attaché, comme vous nous le rappelez opportunément à tout instant. Vous pouvez à notre avis compter sur ces anciens opposants pour vous encourager à poursuivre dans cette voie.

    On peut cependant déplorer le peu d'empressement des élus de l'UMP qui ne participent pas suffisamment à notre goût à la joie populaire, et semblent mettre un point d'honneur à chanter un ton au-dessous, malgré la volonté clairement affichée de M. le Président de la République de rendre justice à vos talents et compétences bien mieux que n'a pu le faire un Parti Socialiste attardé dans les décombres de feue l'Economie Administrée. Peut-être ne savent-ils pas, ces malheureux, que dans la France d'Après comme au Paradis, les premiers seront les derniers et les ouvriers de la 25ème heure payés comme ceux qui se sont levés tôt ?

    Avec toute la population française ébaubie, nous voyons se dérouler les fastes de l'Ere Nouvelle, véritable rêve éveillé pour toute personne sincèrement attachée aux valeurs de gauche. Par la grâce de notre Président Bien-Aimé, les malades retournent travailler, les caisses vides se renflouent par l'allègement du paquet fiscal, les étrangers pas de chez nous prennent bon gré mal gré le chemin du retour, les sans-logis plient leur barda de bon matin en sifflant un air joyeux à la gloire du Président Bien-Aimé, les médias bruissent de bonnes nouvelles, rapportant les moindres faits et gestes de notre bien-aimé président et de ceux et celles qui lui sont chers, les racailles tremblent au fond de leurs quartiers sensibles et les ouvriers réclament moins de charges, plus d'heures travaillées, plus longtemps et pour moins cher.

    Chacun sait bien dans ce pays qu'on ne peut avoir le caviar et encore moins l'argent du caviar, car il n'y en a pas pour tout le monde, alors autant se le garder pour se goinfrer à la louche entre amis avant que la date de péremption soit dépassée. Mais ce sont là propos malveillants de jaloux ennemis du progrès, du changement et de l'évolution, accrochés à leurs vieilles lunes passéistes et porteuses de dérives totalitaires. Comme vous nous le rappelez souvent, chacun sait que l'ère de la calinothérapie est dépassée, et que l'avenir de l'homme est non pas la femme, ( tout le monde peut se tromper, même le poête ), mais la schlague qui bien appliquée, est un excellent stimulant pour les natures lymphatiques et peu disposées à se lever tôt pour la plus grande gloire du Marché et du CAC 40.
 
    Longue Vie à notre Président Bien-Aimé, et Gloire à vous, Monsieur le Secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, qui ne devez pas chômer présentement avec tous ces charters qui sillonnent le beau ciel de France en direction de toutes sortes de pays, souvent francophones, certes, mais bien peu coopératifs la plupart du temps :  ces gens obstinés que vous reconduisez dans leur pays sont-ils seulement capables de comprendre le langage pourtant simple de la France Berceau des Droits de l'Homme ? Qu'ils progressent dans la maîtrise de notre langue ! Qu'ils s'enrichissent pour revenir nous voir en touristes fortunés ! Ou qu'ils s'entraînent physiquement pour battre un record du monde; nous savons bien qu'alors avec l'admiration que vous portez à la performance et avec l'efficacité qui est la vôtre, vous saurez non seulement leur attribuer un visa, mais aussi la nationalité française en 48 heures.

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