Bobos-écolos, Sarkos-écolos, etc. Mais où sont les vrais écolos ?

Publié le par KLAPP'68

    Quand un jour un historien écrira l’histoire des « grands » médias et des manipulations auxquelles ils ont collaboré, nul doute que la mystification qui a précédé  -et qui va suivre- le «Grenelle de l’environnement» (1) y tiendra une bonne place.

    Dans le scénario fabuleux qu’on nous a concocté, le télé-écologiste N. Hulot tient un rôle central. Son numéro a si bien réussi que quasiment toutes celles et ceux qui se sont laissés prendre par la démarche électorale, se sont laissés prendre aussi par son «Pacte Ecologique». A l’exception des trotskistes, Arlette, Olivier et Gérard qui ont su résister. Mais les autres?  Passe encore que les bobos-écologistes et les sarkos-écologistes aient craqué. Mais José!... Quand même, certains attendaient mieux de l’écolo-altermondialiste. Comme quoi, l’«insurrection électorale» qu’il nous avait annoncée (!) devait passer d’abord par une soumission médiatique… Comme quoi la force récupératrice desdits médias est irrésistible, ou presque.
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    La farce continue. Elle devrait même prendre de l’ampleur à l’approche de ce «Grenelle de l’environnement». Elle atteindra des sommets quand il s’agira de faire croire à l’opinion que l’écologie-spectacle peut déboucher sur des décisions essentielles qui pourraient sauver la planète. Or, un pouvoir dévoué au  Capital ne peut pas prendre de décisions essentielles en la matière. C’est ce qu’expliquent avec beaucoup de clarté et de convictions quelques groupes et individus (La Décroissance, IEESDS, Casseurs de pub) qui ont pris l’initiative d’organiser un «Contre sommet de l’Ecologie» le 6 octobre à Lyon. Rendez vous sur leur site : www.contre-grenelle.org . Vous y découvrirez un « Pacte contre Hulot » déjà signé par des milliers de militant(e)s, ainsi que l’itinéraire et les soutiens économiques et politiques du télé-écologiste : c’est très instructif.

    A Klapp, on s’interroge : qui savait, en cette fin août, qu’un contre-sommet écologique contestant le «Grenelle de l’environnement» est organisé le 6 octobre prochain? En Alsace, et singulièrement dans le Haut-Rhin, où est née(2) - paraît-il – l’écologie, y a-t-il encore un écologiste? Ni bobo, ni sarko-écologiste, mais quelqu’un qui défendrait une écologie politique où la dimension humaine et sociale serait centrale? Où le trouver?... Dans un parti? Dans une association? Dans un syndicat?... Ou alors faut-il aller chercher un dissident de ces organisations?... En tout cas, si on le trouvait, ça nous arrangerait bien : on aimerait bien qu’il interpelle toutes ces associations – dont certaines sont représentées dans le Haut-Rhin - qui se rendront à la convocation sarkozienne, dans un esprit «constructif». Et s’il pouvait aller à Lyon le 6 octobre pour nous raconter à son retour ce qu’il a vu et entendu, ce serait encore mieux.babar-l---colo.jpg

    Mais un écolo de cette trempe, ce ne sera sûrement pas facile à trouver. Comment résister en effet aux pressions idéologiques qui émanent même des groupes et associations écologiques, qui, pour la plupart s’efforcent – par réalisme- d’adopter un profil plus conforme(3) à ce que le pouvoir attend d’eux au «Grenelle de l’environnement». Cela peut aller jusqu’à des concessions majeures concédées à priori et plus ou moins consciemment. Prenons un exemple : si vous êtes abonné au Diplo, vous venez de recevoir, encarté avec le numéro de Septembre 2007, un bulletin de 6 pages («Alerte» n° 4) d’ «Agir pour l’environnement» qui incite à envoyer à Sarkozy et à deux de ses ministres des cartes où sont énumérées des «revendications» choisies dans le cadre de la campagne «Greenelle ou Grrr…enelle?»(4).

    Voilà une des «revendications» avancées pour le «Grenelle de l’environnement» :
«Fixer un objectif de 20% d’énergies renouvelables d’ici à 2020 dans le mix énergétique français». A la place de Sarkozy on ferait de la surenchère : «Chiche ! en 2018 si vous voulez!» Qui ira lui rappeler ce genre de promesse dans 11 ou 13 ans?!
    Une autre «revendication» parmi les 40 autres:
«Etablir des corridors biologiques reliant les zones d’intérêt écologique et constituant un réseau écologique national limitant la fragmentation des milieux» Des corridors biologiques! Voilà de la bonne gouvernance écologique: présenté avec les intonations qui conviennent, ça permettra d’épater le téléspectateur du 20 h sur TF1...
    Et on vous fait grâce des «revendications» où on fait payer le consommateur de base, considéré, sans que ce soit dit, comme le premier, sinon l’unique responsable de la situation. Ces organisations «revendicatrices»(5) ont bien intégré que pour être entendues par le «Grenelle de l’environnement» elles doivent savoir se convaincre qu’il n’est pas politiquement correct de désigner les vrais responsables.

    Reconnaissons que dans la liste il y a, quand même, et en clair pour une fois, la revendication de la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire française, celle de Fessenheim.



   (1) Les accords de Grenelle (les vrais) ont été signés les 25 et 26 mai 1968 au ministère du travail rue de Grenelle suite à la crise de l'époque, et concluaient sur des augmentations conséquentes des droits sociaux. http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Grenelle Grenelle et Mai 68, autant de symboles que dénie N. Sarkozy....
   (2) Il est vrai qu’elle a eu du mal à s’épanouir sous la moumoute à Waechter!
   (3) On notera que certains partenaires ou intervenants du contre-sommet de Lyon sont des personnes ou des sous-groupes qui ne défendent pas forcément les positions de leur organisation. Ils peuvent parfois donner l’impression de commettre un geste d’indiscipline, voire de dissidence.
   (4) Vous êtes priés de mesurer l’audace de la formule et de peser la lourde menace que cet intitulé fait peser sur les autorités, qui doivent trembler!
   (5) Parmi ces organisations dont l’adresse électronique figure sur le 6 pages d’  «Agir pour l’environnement» on peut trouver : France Nature Environnement (dont fait partie Alsace Nature), Négawatt, Le Réseau Sortir du Nucléaire, La Confédération paysanne, etc.

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